Aucun message portant le libellé santé. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé santé. Afficher tous les messages

samedi 17 mars 2012

La dentiste élue de la Vallée du Silicone

(Attention: ce récit n'est pas pour les âmes sensibles de dentistes)

Ça faisait un an que j'étais dans la Vallée du Silicone et je n'étais pas encore allée chez le dentiste. Je repoussais toujours le moment parce que j'avais peur. Je n'avais jamais pris la peine d'aller sur Wikipédia regarder la traduction des mots "molaire", "plombage", "érosion des gencives", et tout autre mot qui pourrait être utile à comprendre.

Puis, tout à coup, j'ai comme réalisé qu'avec la quantité de sucre gratuite qu'on m'offre à la job, je devrais peut-être faire un check-up avant qu'il soit trop tard, compte-tenu du fait qu'à chaque jour je me prends un tit peu de m&m aux pinottes, un tit peu de réglisse, un tit peu de glosettes, un petit peu de melons d'eau surettes, et que le bureau ressemble à une cossue maison du quartier dix-30 qui donne des bonsbons d'Halloween, mais à longueur d'année. Et que je suis en train d'écrire ce texte en m'arrêtant à chaque phrase pour prendre un demi-rouleau de rockets. Et qu'il est 10h du matin. Mes phrases sont courtes. J'aime ça. Je disais donc.

J'ai fait ce que toute jeune habitante de la Vallée du Silicone ferait pour se chercher un nouveau dentiste, un coiffeur, une esthéticienne, un restaurant thai, ou un stand à crêpes au steak haché à 3h du matin: j'ai pris mon téléphone et j'ai regardé les évaluations des commerces de la région.

Je suis arrivée chez mon bureau de dentiste brun et je n'étais pas trop dépaysée: des revues de potins et de décorations de vlà 5 ans, des murs bruns, des chaises brunes, on se croyait dans n'importe quel quartier résidentiel de St-Hubert sur la rive-sud.

Une madame chaleureuse à la réception m'a fait remplir une tonne de documents biographiques, et de documents légaux (j'ai arrêté de lire à "vous ne tenterez pas d'actions légales en cas de perte de dents"), mais je suis habituée maintenant. Aux États-Unis, le sport favori des américains est la poursuite légale, alors maintenant, que ce soit en parachute ou chez l'esthéticienne pour une épilation des demies-jambes, il faut toujours signer chaque page d'une bible de documents, affirmant que c'est pas de la faute des esthéticiennes si jamais la cire à épiler pogne en feu et te fait perdre un oeil. C'est Jenny qui a sa "PME" d'épilation dans son demi sous-sol à Charny qui ferait la saut.

Moi: Allô, je crois que j'ai rempli des documents comme il faut. Combien ça coûte au juste aller chez le dentiste ?
Madame: Votre assurance couvre tous les frais.
Moi: Genre, toute toute toute ?
Madame: Les frais habituels, mais comme pour tous les assureurs ou presque, pas l'anasthésie.
Moi: Hein?
Madame: Oui, pour un plombage par exemple. On a besoin d'anasthésie si le patient veut.
Moi: Euh, ya du monde qui prennent pas l'anasthésie ?
Madame: Oui.
Moi: Sont malades.
Madame: On les laisse habituellement entrer avec une très forte odeur de gin (insérer ici rire de Consuela mexicaine épeurant) Ha Ha Ha.
Moi:...
Madame: Bon, vous n'avez pas indiqué le nom de votre dentiste précédent.
Moi: C'est qu'il est Canadien. Je sais pas s'il est dans votre base de données
Madame: ...
Moi: C'est que j'habitais au Canada l'an dernier.
Madame: (regard vitreux)

NDLR: Il arrive parfois que les gens aient cette réaction face à la mention d'un pays étranger différent de "Chine" ou "Alaska". Puis, par la suite, ils réalisaient que le Canada était bel et bien cette grosse étendue de neige en haut des USA. Avec les igloos et la Molson Canadian.

Moi: ... (regard encourageant, hochement de tête, oui oui! ça existe)
Madame: ...et ils vous nettoient les dents comment, au... Canada ? Est-ce que je dois demander un traitement spécial ?
Moi: Ben, ils ont des outils qui font biiiizzz biiiiizzz et ils nettoient les dents, prennent des radiographies et tout... comme ici... enfin... J'espère là. (rire nerveux).

NDLR: À ce moment-ci, Consuela a commencé à fixer ma bouche d'un air perplexe. Je me suis rendue compte qu'à la suite de ma description, elle devait s'imaginer que nos dentistes avaient des chemises à carreaux, arrivaient à cheval dans leur bureau/chalet en bois rond, commandaient leur stock de "dentistes" à l'aide d'UPS-traîneau-à-chien, puis que le biiizzz biiizzz que je mentionnais aurait très bien pu être un bruit de chainsaw.

Madame: Hmm, d'accord, et bien viens, on va regarder l'état de tes dents.

L'équipement semblait dater des années 80, et mon moment le plus traumatisant a certainement été la prise des radiographies. Dans mon ancienne vie, je m'assoyais sur une chaise avec un petit bout de carton dans la yeule. Yavait une machine qui faisait le tour de ma bouche en faisant bzzzz (je dois faire attention avec mes onomatopées qui ressemblent à des chainsaws). Mais Madame Réceptionniste/Consuela/Hygiéniste avait entre les mains un gros gun brun qui ressemblait à un séchoir à cheveux au bout duquel on avait rajouté un cône pour que les chiens se grattent pas la tête. Voici une version imagée:


   
+
Voilà.


Je m'excuse pour le manque de détails de l'image, mais accouplez ces deux choses ensemble, mettez le résultat brun, et le tour est joué. Le désavantage évident, hormis le fait que l'appareil avait l'air d'être fait à la main par Vidal Sassoon avant la chute du mur de Berlin, était que je devait avoir une immense plaque magnétique dans le bouche. Plutôt, dans le fond de la gorge. Je n'étais donc pas capable de la garder sans avoir le goût de vomir.

Moi: (crache le truc)
Madame: Oups! C'est pas grave. On va réessayer. Je vais te le mettre dans le fond de la bouche, et ensuite tu vas fermer la bouche, et compter jusqu'à trois. Voiiiiilà. 1,2...
Moi: (crache le truc) 
Madame: Bon, on réessaie. Voilà. 1,2...
Moi: (crache le truc). Oups.
Madame:.... (visiblement agacée, elle me recrisse la plaque magnétique dans le fond de la gorge avec "vigueur", de sorte que je le recrache immédiatement et m'étouffe en repoussant sa main.)
Moi: Ben là sti...

Jamais dans mes multiples années chez le dentiste j'avais vécu ça. Mes rendez-vous avaient toujours été qualifiés de normaux: on arrive, on passe au cash, bing bang, passez Go et encaissez la brosse à dents gratuite. Une fois circa 1996 je me souviens avoir détourné la tête et fait OUACHE parce que quelqu'un avait pété dans la salle d'examen. C'est TOUT. Et j'en suis pas fière.

Heureusement, la dentiste est arrivée à ce moment-là.

Dentiste: Allô, ça se passe bien ici ?
Madame Hygiéniste: Non non, elle a vraiment des gros réflexes de déglutition.
Dentiste: Oh, mais je crois que tu n'as pas besoin d'aller si loin...
Madame Hygiéniste: Mais, hi hi, tu vois, elle n'est pas mariée (en pointant mon auriculaire gauche), elle doit donc pas encore être habituée à avoir quelque chose dans la bouche tout le temps... Hi hi hiiiii....
Moi:...
Dentiste:...
Madame Hygiéniste:.... hi hi hi.
Dentiste: On peut se parler deux minutes ?
Madame Hygiéniste:... ok

Pendant que dentiste et hygiéniste se parlaient visiblement avec insistance en espagnol à côté de la salle d'attente, je fixais la pile de films pour enfants, en ne souhaitant rien d'autre que d'être plutôt dans le bureau du Dr Robert avec Anik, la gentille hygiéniste qui te donne l'impression de te caresser les gencives en te nettoyant, à écouter Toby le chien étoile. Plus rien ne serait pareil.

Vu que j'ai passé mes années d'espagnol au secondaire à apprendre La Bamba, Macarena et Allegria (que je ne pense même pas être en espagnol, après tout), j'ai cru seulement comprendre le mot "Playa" de leur conversation. Mais encore là, j'étais pas sûre.

Finalement, je suis sortie du cabinet du dentiste avec ma brosse à dents et un rabais de 15$ sur une brosse à dents électrique, "parce qu'on est en 2012, et qu'on devrait profiter de la technologie". Et un traumatisme. Mais pas de carie. (et possiblement une surdose de radioactivité)

J'ai regardé les murs bruns du Dentiste de la Vallée du Silicone en sortant, endroit où je me souviendrai à tout jamais avoir laissé mon innocence.

lundi 27 février 2012

Les à côtés d'un party de geek

"Quand je ne suis pas en train de travailler, j'adore lire, faire du yoga, de la méditation, la cuisine, les films étrangers, les concerts jazz et les voyages humanitaires. Je parle aussi couramment le français et l'espagnol, en plus d'adorer mon Jack Russell Jackie."
Il ne manquait plus que la déclaration d'amour pour un poney et les longues randonnées sur la plage.


La biographie de ma nouvelle docteure choisie sur internet me faisait un peu penser à un profil quétaine sur un site de rencontre, mais bon, je l'ai choisie pareil. Je me trouvais donc dans une salle d'attente pour une prise de sang de routine (le taux de burritos dans le sang, etc), quand j'ai eu une "belle surprise".


-Salut !!!
-Salut Jimmy.
-Eille, c'est rare qu'on se voit en dehors du travail, hein ?
-Oui.
-En plus, tu es pas allée au party Dropbox vendredi passé !!
-Ben non.
-C'était malade ! Yavait pleeeein de belles filles, des ballons gonflables fluos, le CEO a joué une toune de Pearl Jam à la guitare et tout le monde criait comme des malades ! Et aussi, on avait plein d'alcool à volonté !
-C'est cool que tu aies eu du plaisir, Jimmy. Notre CEO à nous serait plus du style à rajouter des black lights au-dessus de la table de ping-pong lors du 5 à 7 du mercredi.
-Sois pas cynique là, l'autre fois il y a eu un tournoi de beer pong ! C'était vraiment cool !
-Je sais pas Jimmy, Brandon a vomi un peu sur son clavier après, et on a pas été capable de faire des check-ins pendant les 12 heures suivantes parce qu'il est juste sorti de la salle de jeux le lendemain matin.
-T'es plate.
-C'est vrai. Donc ton party Dropbox était cool ?
-Oui mais c'était bizarre, on aurait dit que toutes les filles belles voulaient jamais nous parler.

(NDLR: dans le milieu, il existe parfois de les filles "engagées" pour aller dans les partys de jeunes entreprises branchées remplies de potentiels millionnaires. Ces filles sont appelées des "start-up-stitutes" (traduction libre: prostituées de start-up, ou petite compagnie dans le vent). La compagnie qui organise le party va donner à ses employés un signe distinctif, un bracelet d'une différente couleur par exemple. Les filles super sexy vont donc naturellement et par intérêt envers l'argent parler à ces jeunes programmeurs-là. Bracelet = potentiel multimillionnaire. Voilà pourquoi dans ces party, un jeune programmeur dodu avec des shorts cargos aura près de lui des jeunes filles mannequins et sera tout souriant.)

"Je t'aime pour ton intelligence !!!"


-C'est dommage ça !
-Je sais, j'allais là dans l'espoir de rencontrer des filles moi. C'est vraiment difficile de rencontrer des filles avec qui je peux cliquer. Vraiment. *regard insistant*.

À ce moment-là, pour me sauver d'un moment de malaise, une madame a passé avec un chariot pour offrir des cafés et des mélanges du randonneur bio aux accompagnateurs des patients. J'ai profité pour faire semblant de regarder des choses importantes sur mon téléphone, mais en réalité j'avais seulement une partie de Angry Bird de pas finie dessus. Soupir.

-Comment ça se passe au boulot ?
-J'ai donné ma démission lundi.
-Ah oui?
-Oui, le temps était vraiment parfait et je me suis dit que je devais suivre ma passion pendant que je suis encore jeune. Certains gars réussissent dans le domaine et ils ont genre 18-19 ans et hop ! gloire et succès ! Je crois que puisque j'ai la passion, je peux réussir, même si je suis plus très jeune.

(NDLR: La mode chez les jeunes programmeurs est de se trouver un idée tellement révolutionnaire un soir autour d'une bière et des amis ("ça va être comme Facebook, mais MIEUX"), de regarder le film The Social Network, et partir à programmer leur nouvelle idée de logiciel révolutionnaire dans un garage, en vivant de Red Bull, d'eau fraîche, et de promesse de s'acheter une BMW M3 neuve d'ici 6 mois. Mais voilà, souvent cette expérience se concrétise par le fait de devoir tout abandonner par manque d'argent après quelques mois et les jeunes programmeurs reviennent têtes basses, avec pas plus de belles chicks à leur bras, supplier les grandes compagnies de les reprendre)

-Mais tu veux te partir une compagnie ? Tu as quoi, 26 ans ? Tu peux faire ça toute ta vie si tu veux, pourquoi tu dis que tu t'en viens vieux.
-Non, c'est pas ça. Je quitte pas le boulot pour partir ma compagnie.
-Ah non ?
-Je veux devenir joueur professionnel de Starcraft.
-...
-Je suis plus si jeune, les Coréens de 15 ans sont des champions maintenant, mes réflexes deviennent de moins en moins aigus, j'ai besoin de temps pour pratiquer, bla bla bla...
-...

Ensuite, il m'a demandé si je pouvais le recommander sur LinkedIn. Parce que d'ici 6 mois il prévoit avoir le trophée de champion du monde, les filles et la décapotable (?! on peut-tu vraiment devenir riche à jouer dans une ligue de Starcraft ?!), mais au cas où ça ne marcherait pas, il aimerait ça avoir des bons mots pour se trouver une autre job.

Bon.

mardi 7 février 2012

Mon premier et dernier Super Bowl

Si au moins j'avais pu amener ça...


J'étais si excitée. J'allais vivre l'équivalent de la coupe Stanley, mais chez les Américains. Je n'avais jamais écouté un match de football au complet de ma vie, et je me disais que le Super Bowl en Amérique, ça devait être pas si pire. En plus, je pourrais voir les vraies annonces. LES VRAIES ANNONCES. À RDS, c'est toujours un peu étrange d'entendre la voix du gars qui faisait les commentaires sur les matchs des Expos entre deux annonces de Canadian Tire annoncer un toucher. Ça fait pas américain.

Mais encore fallait-il que je me trouve des amis avec qui écouter la partie. Les 49ers de San Francisco avaient été éliminés lors de la ronde d'avant, et par solidarité régionale, j'avais tenté d'écouter le match sur un stream illégal de la Russie sur mon ordinateur. Pous nous mettre dans l'ambiance, on avait seulement des chips pas de gras et de l'alcool, puis la game étaient tellement pixélisée qu'on avait de la difficulté à savoir qui avait le ballon, ou bien où était le ballon. ("Oh, je pense qu'il vient d'échapper le ballon!" "Non, il vient de foncer dans une cheerleader" et autres moments imprécis). À 5 minutes de la fin, le stream vidéo a coupé, avec une belle annonce style "Ce vidéo est illégal".

Je devais donc me reprendre pour le Super Bowl. Mes critères étaient les suivants pour trouver un hôte:

  • Avoir une grosse télé
  • Savoir les règles du jeu
  • Vouloir m'expliquer les règles du jeu
  • Avoir une hygiène minimale
75% des geeks de mon travail étaient donc éliminés, ne comprenant rien au football, et ayant planifié un gros LAN party ce dimanche-là, pour profiter de tous les spéciaux de la malbouffe. Il faut dire qu'à mon épicerie, la semaine avant le super bowl, l'entrée habituellement très normale (avec des grosses annonces de vaccins contre la grippe gratuits à l'achat de 100$ d'épicerie) avait été complètement transformée. Imaginez une gigantesque arche allant jusqu'au plafond, avec des bouts de carton pour simuler un château, faite exclusivement de caisses de bière, de nachos et de sauces à Tostitos de toutes les couleurs. Entrer dans l'épicerie me donnait comme une impression de voyage surréaliste dans une artère de programmeur souffrant d'embonpoint. 

Heureusement, j'avais réussi à trouver un endroit où regarder le Super Bowl: les Brogrammers de mon équipe (un peu douchebags, riches, grosse tévé, toujours prêts à étendre leurs connaissances) avaient fait une exception à la règle: une fille avait le droit d'assister au Super Bowl avec eux, mais fallait pas que je les juge. Yé ! J'étais semi-excitée.

Avant la partie, je suis arrêtée à l'épicerie, pour acheter un sac de chips et des cochonneries.

Quelle mauvaise idée.

Ça se bousculait partout, il y avait des gardiens de sécurité, les enfants braillaient. On se croyait dans un boxing day qui avait mal viré à cause de, genre, la fin du monde. Il ne restait plus rien. J'ai apostrophé un employé ado en panique, caché derrière la section fruits et légumes. Il était brillant, personne ne le trouverait là.

-Allô, est-ce qu'il vous reste des chips?
-Ha, ha, est bonne.
-Bon, on va prendre ça pour un non. Mais votre grosse arche de Mcdo faite en salsa à l'entrée, yen a plein là-dedans.
-Non, on a pas le droit de toucher à l'Arche. (on sentait le A majuscule dans son ton)
-Ben là, c'est un peu con. Elle est sur le bord de s'écrouler en plus.
-Voilà pourquoi je m'essayerais pas à ta place, le gardien de sécurité a sacré du monde dehors à coups de matraque pour moins que ça à matin.
-Ah.

J'ai fait le tour des allées et le choix était plutôt limité. Je ne pouvais pas me pointer là avec une boîte de Fruit Loops no name... mais ça semblait être le choix le plus logique. J'ai continué à chercher.

30 minutes plus tard, en retard pour le kick-off, je sonnais à la porte de mes semis-amis, qui allaient bientôt devenir seulement mes semis, plutôt honteuse.

-Allô...
-Salut ! T'es en retard ! Envoye, rentre, pis mets tes cochonneries sur la table avec les autres, je suis en train de me faire une sandwich gratinée aux Cheetos !!

Doucement, j'ai sorti les éléments de mon sac. Des sacs de pommes vertes en quartiers avec une sauce au caramel. Suivi d'une premier jugement. Ensuite, des bébés carottes avec de l'hummus. Deuxième jugement. Finalement, je me suis dit que j'allais garder le meilleur pour la fin: du pop-corn au micro-ondes, pour essayer de me sauver la face.

-C'est quoi c't'affaire-là ?
-De la bouffe...
-C'est quoi qu'il est écrit sur le pop-corn... sans... gras... Ben voyons donc ?! Pis c'est quoi le truc brun?
-De l'hummus, pour aller avec les carottes.
-C'est une joke là ?
-Ben, je me suis dit que vous voudriez des trucs santé.
-Quoi???
-Ben non, okay, il restait plus rien à l'épicerie, je suis désolée, je suis vraiment indigne de ce pays !
-Mets-en !!! Éloigne cette bouffe anti-américaine de notre vue ! Faut pas gâcher le peu de patriotisme qui nous reste.

Je suis allée m’asseoir dans un coin, ne posant aucune question de toute la première demie. Puis quand j'ai demandé si on pourrait lever le son durant le spectacle de la mi-temps de Madonna, je me suis tellement faite regarder de travers, que j'avais compris que ça serait sûrement mon dernier Super Bowl. L'an prochain, faudrait que j'apprenne les raccourcis clavier de Stacraft 2 et que j'aille au LAN party, moi aussi.


mercredi 11 janvier 2012

Le temps des résolutions

Miam, du blanc de salade avec des motons. C'est santé.


Mi-janvier, les vacances sont finies, et tout le monde est revenu au boulot plein de résolutions.

Par exemple, ce matin, une madame de 4 pieds de haut et 4 pieds de large était en train de lire un livre d'initiation au SQL en marmonnant ses requêtes de pratique de DATE pas mal fort. Puisqu'elle a passé tout le trajet de 20 minutes sur le même exercice, j'étais en train de me dire que son année 2012 allait être longue, jusqu'à temps qu'elle sorte du train rapidement, en m'accrochant le SELECT GETDATE(); dans la face en passant. À ce moment-là, je me suis ennuyée de mon ami de Google qui me faisait parfois des lifts le matin: il n'était pas là cette semaine, Google lui a payé 2 jours à Vegas pour son premier anniversaire d'employé. Hé ben.

Au bureau c'est la même chose: le gym est plein et il y a une file infinie pour le bar à salade.

Programmeur: Hey! Bonne année!
Moi: Merci c'est smatt.
Programmeur: Ça fait bizarre de me voir ici hein ? Mais habitue-toi, tu vas me voir plus souvent au bar à salade cette année.

(se prend un petit tas de salade verte)

Programmeur: Ma résolution de 2012 est de retrouver ma shape de vlà deux ans.

(transforme son assiette en un tas brun et vert en couvrant ses 3 bouts de salade par du bacon)

Programmeur: Finis pour moi les mercredis all you can eat pizza.

(trie méticuleusement les oeufs à la coque pour seulement se prendre un gros tas de blanc-sans-jaune, qu'il rajoute par-dessus le bacon)

Programmeur: Ça sera pas facile, parce que je suis du genre à avoir besoin de pas mal de protéines.

(rajoute 3 petits pois verts)

Programmeur: Aussi, je prends juste du coke diète maintenant.

(ne prend pas de chance et couvre tout le brun et le peu de vert par du fromage râpé)

Ashley, la madame cougar qui travaille à la cafétéria: Hé ben, vous autres ! Bonne année Honey ! Toi mon grand, t'es-tu perdu ? Qu'est-ce que tu fais au bar à salades ? C'est la journée hot-dog aujourd'hui pis je t'ai gardé des beaux gros pickles dans le back store !
Programmeur, d'un air sérieux: Non, Ashley, ma résolution de 2012 c'est de manger plus santé.
Ashley, croquant un pickle: Ah ben. (chuchotant) T'es mieux de pas commencer à me chialer après comme la maudite gang de végétariens... sont jamais contents eux... je leur donne leurs maudits pois chiches pis leur tofu, pis ça chiale encore...
Programmeur: Ben non ! Voyons donc. J'ai dit que je surveillais ce que je mangeais, mais je sacrifierai certainement pas tes beaux jeudis buffet ailes de poulet miel et ail. C'est juste que je vais peut-être pas te demander de doggy bag après pour le trajet de train. Ha ha!

Jeune Programmeur Résolu se met donc à ajouter des dizaines de croûtons sur sa salade. Bien sûr, toute salade n'est pas complète sans vinaigrette. Il jette son dévolu sur la grosse Ranch épaisse, servie dans une carafe à vin. Il commence à la virer de bord, ça ne coule pas, il secoue le contenant. Je sens la catastrophe arriver de loin. Il secoue encore, et encore... et... un immense tas de grosse Ranch blanche et garnie de motons est venu couvrir sa "salade", comme de la crème fouettée sur un sundae de su Costco. Il avait l'air de s'être fait un gros plat de vinaigrette blanche au bacon.

Moi: Maudit hein...
Programmeur: Ouais, je sais, moi non plus je pensais que ça coulerait jamais. Faut ben que ça goûte quelque chose, cette salade-là.

Puis il est parti au frigo prendre ses deux cokes diètes, avec deux grosses pailles. J'imagine que la deuxième paille est pour sa salade.

mardi 15 novembre 2011

Movember dans le patelin des geeks/hipsters



Pendant que votre Facebook est assailli de jeunes hommes se décrivant comme "Mo-Bro" qui vous quêtent de l'argent afin de les encourager à exposer leur potentiel capillaire devant le monde entier (ou encore, toute la Rive-Sud de Montréal), ici le phénomène passe pas mal inaperçu. À force de voir des photos de profil de moustaches handlebar commanditées par Rickards, je me disais que c'était dequoi d'international. Mais non.

Scène: La cafétéria. Aujourd'hui on sert des Sloppy Joes et j'attends en ligne derrière un programmeur qui me regarde à chaque 5 secondes, voulant visiblement entamer la conversation. Il porte la moustache de type hipster, qui contraste bizarrement avec son col romain vert forêt, ses shorts beige et ses sandales brunes. Il me fixe encore.


Lui:....
Moi:....
Lui:... euh... ça a l'air pas pire la bouffe hein à midi.
Moi:... ouais.
Lui:....
Moi:... (maudit, y vas-tu arrêter ça)
Lui:... euh...
Moi: (bon, ça fait là) Belle moustache que tu as là ! Fais attention pour pas trop la salir avec le sloppy joe. Hahaha.
Lui: Hahaha !! Merci !! Mets-en que c'est beaucoup d'efforts !
Moi: Ça doit te tanner.
Lui: Ben pas vraiment, ça fait un bout que je l'ai.
Moi: T'es pas supposé la faire pousser juste depuis 1 semaine ?
Lui: Non. Je l'ai depuis que j'ai environ 13 ans.
Moi:.... C'est pas pour le Movember ?
Lui: Le New Member ? Je sais pas c'est quoi. Non, je l'ai depuis toujours. En fait, je l'ai jamais rasée.
Moi: C'est ta moustache douce d'ado ?!
Lui: Ouais, elle est pas mal douce en effet ! Je trouve ça vraiment incroyable de jamais l'avoir rasée. Je fais juste l'entretenir, et c'est comme si tous mes souvenirs de vie y étaient stockés, tu comprends ?
Moi: Ouais...Wow.
Lui: Oui, c'est assez impressionnant. Mais ça donne un résultat vraiment doux. Si je te la faisais toucher tu en reviendrais pas sûrement, comme toutes les autres avant ! Ha ha !
Moi: Ha ha, c'est vrai que j'en reviens pas vraiment... Bon... je vais aller à la table de dessert... bye. (marche d'un pas rapide)

Le movember, mois des malentendus.
____
Quelques ressources pour toi jeune homme, si tu cherches des réponses à tes questions:
I'm 14, should I shave?
Mustache coming in

jeudi 27 octobre 2011

Biométrie du jour



Le jour des examens physiques et psychologiques était arrivé à ma compagnie de jeux vidéos. On avait tous un rendez-vous, avec une salle d'attente où on avait pris soin d'y installer d'autres jeux vidéos, pour sûrement détendre l'atmosphère avant les prises de sang et rassurant les programmeurs avec la présence de console à portée de main, question qu'ils aient des objets familiers parmi toutes ces infirmières cougars.

Je venais de finir ma prise de sang et j'attendais l'examen psychologique. Faut dire que ça l'a été un peu éprouvant, parce que Natalie, la préposée à la pression sanguine, a commencé à me dire que mon bras était trop maigre pour que son bidule puisse lire ma pression, et a crié à l'autre infirmière de lui en apporter un autre.

-Mon dieu, t'as ben un tit bras toé !
-Ben... j'ai un bras normal.
-Non non, t'as vraiment un tit bras ! Tout le monde avant toi, on avait pas de misère à faire le tour de leur bras là. (criant en lettres majuscules) BETSY ??? BETSY !! Y me faut le tour de bras small. Comment ça, t'en trouves pas ?? Cherche donc un peu !!!!
-.........
-Bon, merci Betsy, t'es ben fine ma belle. Hi hi hi. Bon, on va arranger ça ce bidule-là... hmmm... d'habitude sont tous montés déjà. C'est pas évident cette technologie de velcro-là. Mon mari me dit toujours que je dois laisser les hommes biduler avec les affaires, ya ben raison !
-...
-...Caline, ça tient pas...
-J'pense madame vous avez juste à passer le velcro dans l'ourlet, ici.
-Hein ? Non non, je vais demander à mon boss là, il va m'arranger ça. PETER ??? PETER !!!!
-Non non, check, faites ça comme ça, ça tient là.
-Ah ben, t'es ben brillante toé ma fille. T'as des tits bras, mais t'as l'air à en avoir là-dedans!!! hi hi hi !!! Bon !
-...

En sortant de là, Alex, un programmeur d'interface de mon équipe, était assis sur le divan à côté de moi. Il shakait de la patte comme pas possible en se tortillant de tout bord tout côté. On aurait dit qu'il voulait s'empêcher de faire une grosse flatulence sur la chaise du dentiste. (ben quoi, c'est la meilleure métaphore disponible dans mon répertoire.)

-Ça va Alex ?
-Ouais, j'ai eu mon iPhone 4S cette semaine (dit-il en le serrant tellement fort que je croyais que Siri allait en sortir étouffée.)
-T'as l'air un peu stressé.
-Non non, c'est juste que je trouve ça vraiment inutile de nous faire passer une prise de sang pour avoir le vaccin contre la grippe gratuit.
-Ben t'étais pas obligée d'accepter le deal.
-Ma mère dit que le vaccin contre la grippe c'est bon pour moi, on a une faiblesse génétique contre les maladies saisonnières. Puis en plus je suis allergique à un tas de médicaments.
-...Oh, tu me dis pas.
-Yaurait quelque chose que je pourrais faire pour me déstresser mais je sais pas si ça se fait en public.
-...... euh....
-Non non c'est rien de gênant, t'inquiète pas.
-Ben, si ça peut te faire du bien.

Alex s'est levé, a pris une grande inspiration et a commencé à faire un espèce de kata. Bon, je dis kata, tout ce que je connais au karaté c'est la session de cours que j'ai prise au cégep. On va dire un ramassis de semblant de coups de poing dans le vide et de coups de pied, ces derniers laissant entrevoir ses bas blancs un peu trop près de mon visage. C'était pas super bien exécuté, de sorte qu'on était 5-6 personnes avec les sourcils froncés en train de se demander si c'était une joke tout ça, et dans mon cas s'il allait péter la gueule à quelqu'un/lui-même par inadvertance. Au moins, on était entourés d'infirmières.

Il s'est rassis, de longues secondes plus tard, en secouant son t-shirt Starter parce que visiblement, sa routine lui avait donné des chaleurs. Il a commencé à gosser avec son iPhone, soulagé.

J'ai trouvé un vidéo qui représentait un peu son type de chorégraphie. J'aimais bien Tommy moi, avec son air rebelle.


jeudi 20 octobre 2011

La semaine de la santé

Le plus proche qu'il va jamais passer à toucher ses fesses. Sorry.


Comment ça se passe au Québec ? Supposément qu'il se brasse des affaires dans la construction, dans les ponts, les Canadiens ça va pas bien, est rendue où Jessica Barker, etc. Oui hein. Ben moi de mon côté su la Californie il fait pas mal chaud. On est à la fin octobre et ya encore moyen de se promener en short en plein milieu de l'après-midi. La compagnie se gêne donc pas pour organiser des activités d'extérieur à fond avant "La semaine de la santé".

La semaine de la santé c'est un gros évènement qui se déroule pendant 5 jours, où la compagnie paye des infirmières pour qu'ils nous fassent faire des tests biométriques et des intervenants nous font remplir des questionnaires. Indice de masse corporelle, prise de sang, habitudes alimentaires, questionnaires personnelles ("as-tu un meilleur ami au bureau ?" "pratiques-tu une religion" "combien d'heures par semaine joues-tu aux jeux vidéos"), tout ça étant anonyme. À la fin, tu as un score te disant à quel point tu es à risque dans la vie d'être malade et/ou en dépression. Bien que ça peut paraître alarmant tout ça, c'est simplement un moyen pour la compagnie de savoir à quel point ses employés sont gras et déprimés à force de jouer à Starcraft dans leur sous-sol. Ça leur donne surtout un avant goût du montant qu'ils devront payer pour notre assurance santé.

Donc, "par pur hasard", des activités extérieures sportives sont organisées pendant et après les heures de bureau afin de "célébrer l'automne" (i.e. faire en sorte que nos tests de santé seront légèrement plus positifs et ainsi payer moins de prime d'assurances).

Les geeks sont vraiment excités de ça, parce que souvent ça leur donne l'occasion d'être jumelé dans une équipe de ballon chasseur avec une fille cute des ressources humaines, avec qui ils croient fermement avoir une chance, même si elles sont mariées et enceintes, et que les geeks ont aussi l'air enceinte mais pas pour les mêmes raisons.

Un gars dans mon équipe est vraiment obsédé par la réceptionniste. Joe se voit déjà semer ses grains dans son champ d'amour éternel rempli d'abeilles prospères. Il le mentionne même dans nos scrums matinaux.

Joe: Donc hier ce que j'ai fait, ben j'ai fini l'interface pour la deuxième fenêtre de sélection d'équipement, pis aussi je suis allée au gym et j'ai parlé à Katy pendant 5 minutes.
Brian: Woah !!!
Mike: Malade !!!!!!
Moi: ....C'est cool Joe. Pis qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui ?
Joe: Ben j'ai une plogue avec l'équipe technique, qui organise les activités d'aujourd'hui, pis il m'a dit qu'il allait s'arranger pour que je sois avec elle dans l'équipe de ballon chasseur aujourd'hui.
Brian: SHIT ! Ça paye s'entraîner au gym !! Moi tout ce que je fais pour y parler c'est me commander des colis sur Amazon au moins deux fois par semaine pis les faire livrer à la réception !
Mike: Jalousie !!! Pis ça fait même pas 3 semaines que tu y vas au gym ! Moi ça fait deux mois pis sa session de vélo stationnaire se finit toujours quand j'arrive pour y parler ! Ou faut qu'à prenne le train. Ou alors faut qu'elle aille faire un appel urgent... hmmm... attends une minute...
Moi: Ok.... (soupir peu subtil) Joe, je voulais plus dire genre, à la job, qu'est-ce que tu vas faire aujourd'hui.

L'après-midi arrive, et on est tous là, dehors, à faire un tournoi de ballon chasseur. Bien sûr Joe est dans l'équipe de la réceptionniste (on a su plus tard que c'était en échange de 3 games en coop 2vs2 dans Starcraft avec le technicien. Il est imbattable supposément, on se l'arrache, Joe monte les rankings de tout le monde. Sauf le mien, parce que j'en ai pas) et dans mon équipe aussi.

Organisateur payé pour nous motiver comme au camp de vacances: Bon, tout le monde, êtes-vous prêts à jouer ? Yeah ! Mais avant de commencer, toi là-bas avec le gilet noir, faudrait que tu mettes ton gilet blanc. Ça va mélanger l'équipe des noirs parce que t'es pas avec eux.
Joe: Ben... j'ai pas amené de gilet blanc.
Organisateur: Bon, c'est bon alors, ya quelqu'un qui a amené un gilet blanc et qui veut prendre la place de ce monsieur dans l'autre équipe ?
Foule de programmeurs de l'autre équipe constituée entièrement de gars, appelons-là l'équipe Sausage: MOI MOI MOI MOI !!!!!!
Joe: Non.... NON ! NON ! Attendez, j'ai une solution...
Moi: Non, non Joe fais pas ça !
Réceptionniste: Oh mon dieu...
Jeune artiste: S'il vous plait !! Non !!

Et il l'a fait. Doucement, il a ôté son gilet noir pour remédier au problème et ainsi être dans l'équipe des blancs. En bédaine, avec les seins rebondis, le nombril paraissant comme une profonde caverne dont les parois n'avaient jamais vu la lumière, et le surplus de bédaine du devant semblant s'enfuir vers un dos assez poilu pour que son appartenance à l'équipe des blancs soit compromise.

Moi:....
Jeune artiste:....
Réceptionniste:.... Joe ? C'est ça ? Joe ton nom ?
Joe: Ouais Katy, c'est ça.
Réceptionniste: Remets ton gilet. Maintenant. S'il te plaît.
Joe:....

Dans les jours qui ont suivi, Joe a commencé à nous raconter au scrum à quel point il avait des affinités avec la nouvelle comptable.

lundi 17 octobre 2011

Des souliers de skate avec des roulettes en dessous, c'est pas des souliers de skate.



Au bureau, c'est le temps de l'année où faut magasiner notre assurance médicale. On se croirait dans une foire à l'emploi à Sherbrooke. Ya plein de kiosques avec des goodies les plus inusités (des pansements en bacon, des bactéries pour enfants en styromousse, des ensemble XBOX 360 et Kinect...) , distribués par les compagnies d'assurance, afin de nous convaincre de changer pour eux. Moi je suis bien satisfaite avec ma compagnie de docteurs actuels, ne vous méprenez pas. Mais je me suis dit que j'allais faire un petit tour au cas où yavait une compagnie qui avait une catégorie spéciale avec un budget pour l'épilation laser à Stanford (pour ceux qui suivent mes déboires d'épilation depuis longtemps: Cindy's Beauty Salon, c'est mon salon d'esthétique un peu mal famé près de la station de train. L'hôpital de Stanford, c'est là que je me fais épiler avec un laser dans un bureau de dermatologie). Et oui, jeune garçon, quand je me fais épiler au laser, ça fait Piou! Piou! Oui, avec les lunettes protectrices j'ai un peu l'air de sortir d'un film de Star Wars.

Madame Cougar Blonde avec les Babines Refaites qui a un collant marqué "Betty" sur la poitrine: Allô!
Moi: Allô.
MCBBRB: Es-tu intéressée à entendre nos options de plan d'assurance ? On a des whippets avec des croix rouges dessinées dessus.
Moi: Ok.... Est-ce que vous couvrez l'épilation laser ?
MCBBRB: Hahahaha, I wish. Non. (chuchotant) ... mais ya moyen de faire passer 2-3 injections de collagène dans le plan numéro 4 en omettant quelques détails.
Moi: Ark.
MCBBRB: Quelle compagnie tu as en ce moment ?
Moi: Celle-là là-bas, la bleue.
MCBBRB: Hmmm, choix discutable. Tu apprécies te faire traiter comme un numéro ?
Moi: Pas mal, ouais. Selon ma dernière expérience, en 20 minutes j'étais rentrée/sortie avec mes 3 prescriptions sans même que le médecin ait été capable de prononcer mon nom.
MCBBRB:...

**BANG**

Cette onomatopée représente le bruit d'un jeune programmeur qui vient de me rentrer dedans à la foire des assurances santé. Imagine-toé donc qu'il avait troqué ses souliers Sketchers pour des souliers de skate avec une roulette en-dessous. Tsé, le type que tous les enfants avaient en 2007, de sorte que dans les centres d'achats du monde entier, il y a eu pendant quelque temps l'avertissement "pas de souliers à roulettes" à côté de "pas de vieux en bédaine" et "pas de rollerblade" (mes contacts me disent que l'avertissement est toujours en vigueur au centre d'achats de Rimouski. Faudrait pas que quelqu'un se plante dans le rack de chemises à dragons dans le plus vieux magasin Pentagone au Québec, ou dans les boucles de nombrils avec un faux diamant chez Ardène)

Moi: Ayoye, sti (ou équivalent en anglais) !!!!!
Jeune programmeur: Scuse ! Je suis encore en train de m'habituer avec mes nouveaux souliers à roulettes ! T'as vu ! C'est cool hein !
Moi: J'sais pas... J'savais pas qu'ils faisaient ça en grandeur adulte.
Jeune programmeur: Bah, c'est comme grandeur ado, je porte du 6.
Moi: J'pense pas que tu devrais te promener en parlant fort de ta petite taille de pieds.
Jeune programmeur: Pourquoi ?
Moi: Laisse faire.
Jeune programmeur: C'est pour te dire que je serai pas là demain au travail.
Moi: Ah ouin ?
Jeune programmeur: Ouais, j'men vais faire la file pour le nouveau iPhone 4S au magasin Apple de Palo Alto. Imagine, c'est le magasin le plus proche d'où Steve Jobs est mort. C'est comme un peu un hommage que je lui fais.
Moi: Mets pas tes souliers, parce que tu risques de faire plus de "dommages" que "d'hommage" à Steve en te foutant cul premier dans sa pile de démo d'iPad. (NDLR: c'est une joke bilingue)
Jeune programmeur:... m'a me pratiquer ce soir.

MCBBRB, toute souriante et poitrine pointée vers le futur: Avez-vous des assurances, jeune homme ?

lundi 12 septembre 2011

"J'vas au gym eul'gros"



Ouais, bon, c'est pas exactement comme ça que ça se passe dans un gym de compagnie de vidéo. Tout le département de programmation était super excité quand la direction nous a appris qu'un gym à la fine pointe de la technologie allait ouvrir dans le building. Je me disais que j'irais faire un tour bientôt, vu que je commence à avoir un petit pneu de chips au vinaigre et de verres de terre en jujube en haut de la ceinture. De l'emergency fat, qu'on appelle.

Déjà 2 semaines après l'ouverture du gym, il est déjà désert. À 6h le soir, on est à peu près 4 dans ce gym intelligent, avec des télés fixées à chaque appareil et des adaptateurs à iPod partout, pour faire je sais pas quoi... Je connais pas ça les gyms. Je sais juste que voir un dude de 280 livres, avec une poitrine à faire rougir d'envie Pamela Anderson, faire de la marche rapide en fixant les deux yeux grands ouverts le spécial dessert sur le Food Network, ça me rend mal à l'aise. Comme si j'entrais dans son intimité.

(Bonne nouvelle par contre, on peut se reposer les yeux avec le jeune programmeur bronzé et musclé (l'exception qui confirme la règle), qui a décidé d'ôter ses lunettes fumées le temps de se promener un peu sur les mains afin de bien mettre en valeur ses triceps bien développés. Faut juste s'assurer de ne pas laisser notre bouche entre-ouverte en le regarder trop longtemps, ça nuit à la crédibilité)

Je me suis mise moi aussi sur une machine au hasard, en écoutant une émission de mariage sur TLC, quand un geek gênant est apparu de nulle part près de ma machine, en me faisant quasiment le saut, avec sa coupe champignon et ses lunettes d'Harry Potter.

Un geek gênant, c'est la sorte de geek dont tu as déjà refusé 4 fois l'amitié sur Facebook parce que tu lui avais jamais parlé au travail. C'est la sorte de geek qui, au lieu de prendre ça comme un "Laisse-moi tranquille, tu as l'air étrange", a pris ça comme un "Je devrais essayer de lui parler plus, peut-être que l'on va devenir proches". C'est ainsi qu'à chaque fois qu'il me disait allô dans le corridor, et que je lui répondais, inévitablement j'avais une demande d'amitié Facebook dans les deux heures qui suivaient. Et le geek gênant est du type étrange que te souhaite "Bonne fête en avance !" deux jours avant la date de ta fête dans la ligne pour le pâté au poulet le midi. Habituellement, tu essaies de rester un peu plus loin d'eux autres. Par expérience.

Mais Winston, lui, rien ne l'arrête. Les écouteurs sur les oreilles, ma concentration à toute épreuve devant "4 weddings" à essayer de deviner qui va gagner la lune de miel gratiss, rien n'y fait. Je savais qu'il était au gym, je l'avais vu quand je suis arrivée prendre deux poids de 30 livres, les soulever une fois avec immensément de difficulté, les replacer, puis ensuite faire semblant de s'étirer pendant les 15 minutes qui ont suivi. Malaise.

Mais maintenant il était là, devant moi, la raie de sa coupe champignon luisante de sueur à seulement s'imaginer faire de l'exercice...

C'est là que j'ai remarqué qu'il portait un t-shirt dont les manches avaient été coupées au ciseau, certainement pour mettre l'accent sur ses biceps aussi gros que mon poignet et son bronzage très subtil, assez pour qu'on en voit la démarquation style t-shirt habitant. Il avait aussi jugé nécessaire de porter des gants d'haltérophilie, pour je ne sais quelle raison.

-Allo !!!!!
-Allo.
-Viens-tu au gym souvent ?
-Non.

Je ne jugeais pas nécessaire de lui demander "et toi".

-Moi pas mal, ouais. Je m'entraînais vraiment beaucoup à l'université, j'étais vraiment beef en fait, j'en ai perdu un peu, mais ça revient tranquilement.
-...

Il parlait et on aurait juste dit un paquet d'os blanchâtres, avec une cage thoracique proéminente qui montait et descendait sans arrêt, juché sur deux grands pieds blancs New Balance. S'il a déjà été musclé, moi je porte du 36D.

-Ouais c'est que je fais pas mal de sport ces temps-ci, je fais partie d'une équipe. Regarde, c'est notre gilet !

Il me pointe son t-shirt sauvagement déchiré, sur lequel il est écrit "I've got 99 problems but the snitch ain't one". Un intelligent mélange de Jay-Z et de vif d'or. On arrête pas le progrès. Il a cru aussi bon, pour clarifier devant mes yeux perplexes, et de me montrer ce qui était écrit dans son dos: "Silicon Valley Quidditch League". Oh, wow.

-C'est quoi, une ligue de quidditch d'Harry Potter virtuelle ?
-Non non, c'est la vraie affaire là. On est vraiment bon.
-Je comprends pas, la vraie affaire ? Vous volez dans les airs avec un balai ?
-Ben, presque ! On a un balai entre nos jambes, mais on vole pas. Ya des Cognards et on se pitche le ballon dans la face pour voler le Soufflard, pis après le lancer dans un des trois anneaux de but.
-Vous courez avec le balai entre les jambes ?
-Ben c'est un petit balai en plastique, mais ça ressemble vraiment aux vrais dans les films ! Bon, je continue à m'entraîner.

Winston avait l'air vraiment satisfait de lui-même, mais moi de mon côté j'avais comme une étrange image en tête, une équipe de geeks avec des faux tatous d'Hermions sur le chest, ensanglantés à cause qu'ils ont trop reçu de ballons dans la face, en train de courir les genoux collés en pingouins avec leur balai entre les jambes, en se criant des sortilèges de désarmement.

J'étais perplexe.

Finalement, après le gym, je suis retournée chez nous, et bien sûr une nouvelle demande d'amitié m'attendait sur Facebook.

Puis, je suis allée sur YouTube, et j'ai trouvé ça:


Oh wow.

lundi 29 août 2011

Maman et Papa Bacon en visite



Oui jeune garçon, je te sais désemparé car tu n'as pas eu ta dose de conseils depuis des lustres déjà. Tu sais, la vie dans la Vallée du Silicone n'est pas toujours évidente. L'attrait de la Californie a transformé mon appartement  en joyeuse auberge de jeunesse, où plein de visiteurs parfois déçus ont afflué durant tout l'été. Car plusieurs faits sont souvent inconnus des visiteurs à leur arrivée:

  1. Quand je dis qu'il y a vraiment des geeks partout dans mon coin, c'est qu'il y a vraiment des geeks partout. Plusieurs personnes associent la Californie avec le bronzage, les speedos, les boules en silicone. Parce que ici c'est Silicon Valley à cause de l'informatique, pas à cause de Pamela. Pamela elle est à L.A., ici on se gèle le cul et si tu veux voir des beaux hipsters, faut faire 45 minutes de route vers le Nord à San Francisco, où tu vas très certainement tolérer ta petite laine tellement il fait frette. Ici, c'est comme Ste-Madeleine par rapport à Montréal, sauf qu'au lieu de tentes-roulotte ce sont des piaules à 2,4 millions pour trois chambres à coucher, au lieu de shack à patates ya des shacks à nouilles Ramen et au lieu de personnes peu reluisantes à voir en bédaine l'été... ben... ah ben ça ça change pas. Comparaison boîteuse. 
  2. Oui, je travaille dans la Vallée du Silicone, mais je ne roule pas sur l'or. Tu sais, quand ta chambre avec coloc te coûte 1200$ par mois, tu piles sur ton orgueil pis tu le prends, le communauto, afin d'économiser pour le double impôt Canada-USA que tu devras payer à la fin de l'année. Je me donne quelques mois pour troquer le char de hippie contre une rutilante Tercel 2000 encore toute bien conservée par l'absence d'hiver et le minimum de 10 degrés celsius l'hiver. Puis on s'entend que de se faire nourrir, plus les occasionnelles razzias de fruits, légumes, chips, céréales et lavage chez Google, ça aide dans le budget.
Mais c'est la grosse vie sale sinon.

Mes parents sont allés visiter mon bureau l'autre fois, le soir, alors qu'il fallait aller user de l'imprimante et je leur avais dit de ne pas acheter de collation, on allait passer au bureau.

Maman: Mon dieu, ça a donc ben l'air d'une garderie ici! C'est quoi ces affaires-là ?
Moi: Des fusils Nerfs qui pitchent des affaires en styromousse.
Maman: Pis ça ?
Moi: Une grosse moto du film Tron grandeur nature.
Maman: Pis ça ?
Moi: Un panier de basket-ball.
Maman: Pourquoi vous avez un tas de coussins là dans le coin, avec un gros pot de M&Ms dans le milieu ?
Moi: C'est une salle de réunion.
Maman: Ben là, quand est-ce que vous travaillez ? 
Moi: Ben, tout le temps.
Maman: Je comprends pas. Me semble que c'est dangereux pour toi cet environnement-là. Tu dois être le genre à te bourrer la face de réglisses au lieu d'écouter dans les réunions. Pis à quoi ça sert cette grosse TV là à côté de la table de ping-pong ? Regarder des films au lieu de travailler par exemple !
Moi: C'est pour jouer à Golden Eye 64.

C'était pas vraiment la même ambiance que lorsque j'avais amené Jeune Soeur au bureau. Elle était restée devant le présentoir à jujubes pendant au moins 5 minutes, visiblement indécise, avant de juste ouvrir son sac à dos et accumuler les nouilles Ramen, les peanuts au BBQ, les biscuits Oreo, les Coke Diet... Ya fallut que je lui fasse accroire que le gardien de sécurité allair arriver pour la déspatuler du présentoir.

Moi: Bon, je vais aller faire imprimer les documents là. Prenez un tit coke, je reviens dans pas long. Est-ce que je peux vous laisser à la garderie deux minutes ? 
Maman, visiblement perplexe: Ouin.
Papa, visiblement excité: Oui !!!

Quand je suis revenue, Papa Bacon était en train de se préparer à jouer une partie de ping-pong et se cherchait un partenaire. Malheureusement, je n'étais pas là et les seules autres personnes présentes à part ma mère étaient un vieux couple d'asiatique en train de dévaliser le présentoir à Bagel et à partir avec un pinte de lait à la maison. Les temps sont durs....

Papa: Viens on va jouer une petite game ! Cet endroit est vraiment le fun, tu devrais le mettre comme endroit officiel là !
Moi: De quoi tu parles ?
Papa: Oui, tu le mets comme endroit et je le vois et je clique sur "J'aime".
Moi: Ah, tu veux que je check-in sur Facebook !
Papa: Non non, je veux juste que ça apparaisse sur internet.
Moi: Oui. Okay...

Comme quoi la Vallée du Silicone influence même les baby boomers. Quand on était su Starbucks, ou au Pier 39, ou dans un Mcdo, ou dans une forêt, ou sur l'autoroute, mon père voulait toujours que "je mette l'endroit sur internet". On aurait cru une jeune écolière abusive Facebook qui aime "Les Douches À Deux" et "Si tu aimes les vacances fais Like", sauf que lui c'était pour que son frère voit les endroits qu'il faisait, et non pas pour rendre jalouse toute l'école secondaire et attirer l'attention.

Pendant que je passais un beau moment père-fille à mon milieu de travail la fin de semaine, j'ai aperçu du coin de l'oeil ma mère qui était prudemment en train de dévaliser le comptoir à fruit, en choisissant intelligemment les pêches bientôt mures, puis pour ensuite se diriger vers les comptoir à collation en scrutant les valeurs nutritives. 

Elle aussi, à la fin, redemandait que l'on passe par mon travail avant de partir pour la journée, en se demandant quelle sorte de Glosette elle allait prendre aujourd'hui.







mardi 2 août 2011

Cours de tennis avec cougars

Je me suis inscrite dans un cours de tennis, question de faire quelque chose de ma peau. Faut dire qu'à force de travailler à côté du stand à cochonneries, je commence à devenir un peu chubby du ventre. Puisque je ne suis pas encore au stade d'abandonner mon second déjeuner de 3h de l'après-midi (Cap'n Crunch au beurre de pinottes, avec de la réglisse, des pop-tarts et une pomme on the side) ou encore modérer le VRAI bacon du bar à salade, j'ai décidé de me mettre à l'exercice.

Mes options étant les suivantes:
Ligue de Quidditch
Segway Polo
Kickball
Tennis;

J'ai opté pour le tennis - niveau débutant. Mon premier cours était ce soir avec Jim l'entraîneur, et j'avais bien hâte de me retrouver avec des riches divorcées de la vallée du silicone qui seraient certainement divertissantes. Je n'ai pas été déçue.

Jim: Bon, alors, bonjour tout le monde. On va commencer le cours dans pas long. Toi là, va falloir que tu achètes d'autres souliers de tennis.
Moi: Qu'est-ce qu'ils ont mes souliers de course ?
Jim: Ils risquent de tacher le terrain, et ils n'offrent pas un support latéral. Je peux pas te laisser jouer avec ça.
Moi: Ça risque d'être un peu difficile, ça coûte combien des souliers de tennis ?
Jim: Bien regarde les miens, yont coûté 200$ et sont super bons. Sont blancs, alors ils ne tachent pas le terrain.
Moi:...

Jim les portait avec fierté.

-Jim: Tu vas vraiment voir la différence avec des New Balance.
-Moi: Okay, New Balance, c'est un peu cher, est-ce qu'on peut jouer un peu pour que je sache si j'aime ça avant ?
-Beth (la cougar avec des pantalons de jogging lululemon roses, un chandail lululemon jaune, un bandeau lululemon et des souliers Adidas blancs avec des brillants): Regarde, moi je me suis équipée pour seulement 200$, raquette et souliers. Je pense que tu peux faire un effort, hein ?
-Moi:...

Wow, premièrement je me suis faite ramasser ben raide par Beth, la femme au foyer qui demandait si on pouvait avoir des cours d'extra de jour avant même qu'on aille commencé, parce que je suis cheap. Deuxièmement, avec les affaires de police de semelles foncées, on se croirait dans le régime nazi de deuxième année du primaire sur la Rive-Sud de Montréal, quand ils ont refait le couvre-plancher du gymnase et que tout le monde devait absolument avoir des souliers Sugi à semelles beige.


Mes derniers souvenirs de terrain de tennis consistaient à une gang de jeunes qui se lançaient des ballounes d'eau en rollerblade sur ces mêmes terrains de tennis avec les surveillants du parc. Du calme, Jim.

Durant le cours débutant, je me suis rendue compte que tout le monde n'était pas du tout débutant, mais intermédiaire, et qu'une madame avait même déjà suivi des cours privés, en plus d'être abonnée à un club de tennis. Je comprenais pas trop ce qu'elle faisait là, à nous smasher sur la tête, pendant qu'on attendait en ligne afin d'apprendre à faire des amortis. Je comprenais pas trop pourquoi non plus on apprenait à faire des amortis alors que je ne savais visiblement pas comment tenir ma raquette à 30$.

J'ai essayé de faire de mon mieux, et j'ai même reçu des compliments sur mon revers qui a atteint l'instructeur sur le torse. Je commençais à pogner le tour, de sorte qu'à la fin de la pratique, Beth m'a accostée alors qu'on était en train de ramasser les balles de tennis (dont la plupart des miennes) dans les buissons environnants.

-Beth: T'es pas pire, toi, la française avec l'accent. Ça t'intéresserait peut-être de faire partie de notre club ? On pratique à chaque dimanche matin, à 9h.
-Moi: C'est fin, Beth, mais le dimanche matin à 9h, d'habitude, je dors.
-Ruth Ann: Beth, comme je t'en ai parlé la semaine passée, moi je serais partante pour pratiquer avec vous autres le dimanche matin, hein.
-Beth: Ruth Ann, on en a déjà parlé, depuis ce qui est arrivé lors de l'organisation de la collecte de fonds pour le club de gymnastique, je sais pas si c'est une bonne idée. En plus, ton coup droit manque vraiment de précision.
-Ruth Ann: Oh!

Après ça, Ruth Ann a déguerpi dans sa Porsche, et moi j'en avais vraiment pour mon argent. Je commence à penser que l'achat de New Balance en vaudrait peut-être la peine afin d'assister à un soap-opera hebdomadaire...

vendredi 29 juillet 2011

Choses à savoir avant de sauter en parachute.

Pour seulement 150$, vous aurez un vieux dude attaché à votre derrière pendant près d'une heure.

On va être honnête là: Guillaume Lemay-Thivierge, y se graisse la patte en mautadit. En plus de Ramdam et de se reproduire avec Mariloup Wolfe (je dois avouer qu'après avoir tapé ce nom pour la première fois, j'ai fait une recherche Google pour "Chandail de loup Mariloup Wolfe", sans succès), le plus-si-jeune nain charge près de 300$ pour un saut en parachute dans un champ de Joliette. On s'entend que hormis le saut en question, la plus hot caractéristique de ton saut sera d'avoir "vu Sorel-Tracy du haut des airs". 300 piasses, c'est cher en plus de devoir se taper la route jusqu'à Joliette, avec de très fortes probabilités de covoiturage avec le cousin d'un ami ou le beau-frère, qui va absolument vouloir entendre la toune "Le Shack à Hector" en passant sur la 131 Nord.

Mais c'est pas grave, parce que c'est tellement excitant !

Laissez-moi vous entretenir de mon propre saut en tandem.

Ce que vous devez savoir avant de sauter en parachute aux États-Unis, c'est que vous en avez pour votre argent. C'est un peu que le Danby des sauts en parachute. Mon saut m'a coûté 150$ taxes incluses, et j'ai apprécié telle une jeune adolescente à son premier concert de Justin Bieber.

Yeah. Même dilemme moral qu'Hermione.


Les Américains, c'est short and sweet, pas de préliminaires, on enligne ça le parachute comme les programmeurs de la job enlignent les parties de Magic le midi. Des madames cutes (et c'est inscrit sur les documents, "une de nos cutes préposées au parachutage se fera un plaisir de vous aider") nous font remplir un questionnaire dans lequel on vend notre âme à la compagnie de parachute, nous ôtant toute option de poursuite si jamais il nous arrive quelque chose, et nous rappelant qu'on est pas mal stupides de risquer notre vie en nous pitchant en bas d'un avion avec pour seule chance de survie un bout de tissu que l'on espère bien rangé dans un sac à dos:

J'avais le goût de rajouter "is not" pour faire drôle.

On nous laisse chiller sur des divans douteux de hangar hippie, parce que le saut en parachute, c'est cool de même, et que l'hygiène, c'est pas à ça que tu penses avant de sauter. Des instructeurs font des siestes ou alors roulent des parachutes à répétition dans des sacs, alors que les jeunes geeks tous habillés avec des t-shirt de "Firefox Dev Team", prochains à sauter, parlent du récent tournoi intra-Silicon Valley de Starcraft ("Google s'est vraiment fait détruire par DropBox!!!") pour détendre l'atmosphère. De mon côté, je commençais à penser que c'était pas une si bonne idée que ça d'avoir pris un Double-Double Animal Style chez In&Out Burger avant de venir, parce que si je le vomissais dans la face de mon instructeur de tandem, il allait peut-être avoir la vision de son altimètre obstruée.

Un homme tout en sueur, tout fraîchement sorti d'un saut tandem avec une dame d'environ 78 ans blonde platine avec bagues en or et jogging coton ouaté rose, s'approche vers moi et se présente comme Chester. L'affaire, c'est que je l'ai déjà vu, Chester, lors d'un vidéo qu'un collègue m'a montré avant mon saut, disant que supposément il travaillait à mon centre de parachutage:




- Allô, moi c'est Chester !!!!
- ...allô.
- Es-tu prête à sauter !!! Yaaaah !!!
- ...oui.
- Yaaaaaaahhhh !!!!!!
- Yah.
- Ça va ? T'as tu peur ?
- J'sais pas. Est-ce que c'est toi le gars du vidéo Youtube visiblement gelé qui se jette en bas d'un pont devant la police ?
- C'est pas vraiment un de mes meilleurs moments, mais ouais. Aie pas peur, j'ai fait 5000 sauts dans ma vie, pis chuis pas mort encore. Yaaaaaaaahhh !!!!

Et oui, c'est un fait vécu. J'ai pas trop élaboré à savoir comment s'était passé le procès.

Le parachute, aux États-Unis, ya pas de vidéos d'instructions fancy avec des acteurs qui simulent quoi faire, ou alors qu'est-ce qui va arriver, avec du monde beau et un avant-goût excitant de se qui va se passer. C'est ton instructeur qui t'explique la vie, entre deux cigarettes, avec une petit odeur de toilette chimique en arrière-plan.

- Okay, m'a te dire ce qui va arriver. Écoute-moi ben.
- Okay.
- Mets cte harnais-là. C'est ça. M'a t'attacher ben solide après moi dans l'avion, pour l'instant fais juste te mettre les pattes là-dedans. Bon, okay. On va monter dans les airs, pis là tu vas t’asseoir su mes genoux quand on va être rendus ben hauts, pis m'a serrer tes straps comme il faut. Faudrait pas que tu glisses en bas de ton harnais, hein, HA HA !
- Haha.
- Là ensuite on va dire, un, deux trois, GOO ! Pis on va sauter de l'avion. On va faire des flips. Tu aimes tu ça les flips ? Des front flips ?
- Euh...
- Bon, on va faire une couple de flips. Tu vas voir, ça va être le fun. À cte moment-là on va être en petit bonhomme ensemble. Ensuite, m'a te taper sur l'épaule, pis là tu vas plier tes jambes entre les miennes, pis là tu ouvres les bras comme un papillon. 
- Attends, là, quand ça ?
- Quand m'a te taper sur l'épaule.
- Comment je place mes jambes là ? 
- De même, là, CHECK.
- Oui mais à quel moment que...
- Eille, c'est pas compliqué ! Tu dois travailler pour une compagnie d'informatique toi, y posent tout le temps des questions là où ya rien à comprendre. On saute, t'es en tit bonhomme, jte tape sur l'épaule, t'es en papillon, on prend des photos, le parachute s'ouvre, envoye bye bye, on rentre en autobus.

Pendant ce temps-là, mon amie Caro avait un jeune instructeur fringant qui lui disait des petits mots doux en lui répétant les instructions doucement, en mentionnant qu'il avait ses cours d'ambulanciers et que les seuls mots qu'il savait dire en français étaient "Je t'aime".

Une fois dans l'avion, mon instructeur et moi on a pas vraiment communiqué. Ya eu un moment de proximité lorsque je me suis mise sur ses genoux 5 secondes, mais c'était pas si gênant, parce que ça faisait 5 minutes que j'avais son entre-jambe sur mon arrière-train, et quelques bruits de reniflement.

Ensuite la porte de l'avion s'est ouverte, et tous les jeunes fous qui sautent tout seul car ils ont leur certificat de parachute sont partis, et sont devenus tout petits, en criant YAAAAAaaaaah... J'ai laissé échapper un petit "tabarnak" en pensant à des choses importantes, comme mon poisson Nathalie, abandonné au Québec dans les bras d'une bonne samaritaine, ou encore au fait que je n'avais goûté qu'à une des trois sortes de Cap'n Crunch exclusives. J'en étais à penser à quel âge était rendu Manolo avec tout ça, quand mon instructeur a crié, UN, DEUX, GOOO !!! YAAAAAH !!! et on était en train de faire des front flips dans le ciel californien, avec la mer en arrière-plan.

Tout s'est bien passé et c'était magnifique. Je vous raconterais bien comment s'est passé la chute libre mais ça s'est passé tellement vite, un peu comme toi jeune garçon, quand tu as perdu ta fleur en environ 3 poussées de bassin en 2007. Bon, j'exagère, la chute libre a quand même duré un bon 55 secondes.

Une fois le parachute ouvert, j'ai dit à mon instructeur que j'avais la poitrine qui voulait exploser sous mon harnais, et je me disais que mettre une brassière de sport n'aurait pas été une mauvaise idée (conseil à la gente féminine qui veut sauter en parachute). On était proches maintenant lui et moi, après ces 55 secondes de chute libre et de moi qui bavais dans son visage, alors il était à l'aise de mettre un peu de lousse dans mon harnais. Mais pas trop, faudrait pas que je glisse en bas de mon harnais, hein, ha ha.

À mon arrivée, j'y ai laissé un bon tip. Je me suis dit que ça l'aiderait à payer ses frais d'avocats.

vendredi 15 juillet 2011

Pis, comment va ton Segway ?


Lorsque je suis passée devant le terrain de kick-ball hier soir en revenant du boulot, j’ai été assez déçue. Il semble que la ligue perd de l’élan, et il ne restait que 3-4 stagiaires asiatiques en train de siroter leur Coors Light avec une face mi-figue mi-raisin, espérant peut-être toujours la venue de hot geekettes ouvertes à de nouvelles expériences. Il semble que malgré les promesses du site internet de la ligue, le sexe, balls & rock’n roll n’a peut-être pas eu lieu, et la seule chose qui semble avoir approché l’entre-jambe de ces survivants est malheureusement un ballon de caoutchouc arrivant à toute vitesse.

Il faut dire que malgré tout, la coordination œil-pied n’est pas donnée à tout le monde, surtout quand tu as grandi en passant 18 heures sur 24 à entretenir ton site Geocities.

Ce qu’il faudrait, c’est un sport où la coordination n’a pas vraiment d’importance, où le poids fait toute la différence et où la vitesse n’est pas déterminée par la force des jambes… hmm… peut-être que…

avoir une immense énergie cinétique n'aura jamais été aussi avantageux.

Le Segway Polo ??!!

Ben oui, quand on y pense, l’énergie cinétique est déterminée entre autres par la masse et la vitesse… En résumé, selon le site internet Bay Area Segway Enthusiasts Group (oui, moi aussi j’ai été surprise à l’idée que les segways avaient encore des fans depuis 2004… faut dire qu’après avoir acheté la machine, tu veux rentabiliser l’investissement…), tu tapes sur une balle avec un bâton (non non, panique pas, c’est la seule chose physique que tu dois faire…) tu fonces dans du monde et ensuite tu essaies de faire rentrer la balle dans un but. C’est tellement cool, que le co-fondateur d’Apple, Steve Wozniak, organise à chaque année le tournoi international The Woz.


Ça a l’air aussi big que le Quidditch su la Vallée du Silicone. Puis ya différents modèles de Segway aussi, tu peux changer les pneus, avoir plus de « grip »… Mais tsé, imagine que tu vois un gros roux sans trop de coordination arriver à toute vitesse sur son segway vers toi, t’as ben beau avoir un casque de bicyclette sur la tête, la physique indique que t’es mieux d’avoir un delta maximum de 25 livres avec ton adversaire.

Sinon, tu vas la trouver rough d’essayer de travailler sur ta start-up révolutionnaire « ça va être plusse big que Facebook, crisse » dans le sous-sol de chez ta mère, quand tout ce que tu peux faire c’est essayer de boire le crémage d’un Jos. Louis avec une paille.