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mercredi 18 janvier 2012

Végasse pour les geeks.


Aujourd’hui, jeune garçon, j’aimerais te faire réaliser quelque chose qui pourrait possiblement s’avérer d’une grande utilité. Non, malheureusement, je ne parle pas de l’information inédite qui terminera enfin le maudit débat de « qui cé qui font les meilleurs écrans plats? » qui semble durer depuis début 2009. Reviens-en,  pis arrêter d’en parler durant les 5 à 7. Ya aucune fille qui va t’arracher le gilet avec ses dents si tu réussis à la convaincre qu’un écran plasma Panasonic c’est la meilleure chose qui a été inventée depuis Reddit. Non… Non. C’est pas à ça que ça leur sert savoir reconnaître à vue d’œil les grandeurs en pouces.

Je parle d’information utile, genre lorsque tu voudrais planifier ton premier voyage de plus d’une nuit en dehors du sous-sol de tes parents depuis ta visite guidée à Ottawa en 6e année. (Non, le sleepover pour jouer à Star Wars « c’est tellement mieux que WoW parce que ya des sabres au laser »The Old Republic de la semaine passée ne compte pas).

Las Vegas.

Simili-Bacon a été faire une escapade semi-commanditée dans la capitale du Vice la semaine dernière, soit tout de suite après la fin du Consumer Electronics Show. (Pour toi, jeune non-geek, le CES est une conférence où des compagnies bien/peu connues présentes des affaires à rendre les geeks durs d’excitation, comme des télés qui dégagent des odeurs, des chars qui seront jamais commercialisés ou encore des tablettes tactiles pliables en 8). J’ai donc pu en profiter pour fréquenter la crème des geeks : ceux qui sont restés à Vegas après la conférence pour comprendre c’est quoi faire le party et qui aiment faire plein de check-ins sur Facebook à des endroits reconnus pour leurs gros totons, avec des filles qui ont des gros totons.

Vegas-pour-les-geeks est vraiment en train de s’épanouir. Avec la grosse bulle technologique 2.0 qui régit dans la Vallée du Silicone, quoi de mieux que de combler le manque de faux seins de la Vallée en faisant 1h20 d’avion dans la ville du péché ?

Avant le bogue de l’an 2000, Vegas était peuplée uniquement de vieux messieurs fumeurs aux cheveux jaunes et avec beaucoup de bijoux en or, rotant aux tables de Black Jack en tenant Beubé par la taille. Maintenant, s’ajoutent à cette vision:

  • Des jeunes asiatiques branchés millionnaires, analysant les probabilités afin de maximiser le profit de leur dernière vente de compagnie;
  • Des gros geeks classiques, rajoutant 20$ après 20$ dans les machines à sous thématique Lord of the Rings ou encore Star Wars avec bancs à vibration (Je ne pensais jamais entendre autant d’imitations réelles de Chewbacca dans un casino);
  •  Des programmeurs de 40 ans, rockant la montre Timex Indiglo sur le dance floor, le shag dans le vent, la boule disco se réfléchissant dans toutes les directions sur leur bague d’ingénieur, et bougeant les pieds aussi rapidement de leurs New Balance modèle entièrement blanc le leur permettent. 
 Gandaaaaalf! Nooooooooooooooo!!!

Donc oui, c’est invitant maintenant pour le geek moderne d’aller se fondre à la foule branchée, de payer 30$ de droits d’entrée dans à un doorman qui a assoupli ses critères de sélection de beauté depuis la crise économique.
C’est certain que Vegas est encore et toujours une véritable Sausage Fest; les geeks ne seront pas dépaysés pour autant comparativement à leur milieu de travail. Mais les jeunes femmes aux boules remontées, elles, sont à l’affût des jeunes garçons vulnérables qui ont fait fortune à la loterie de l’intelligence et de l’argent facile (contrairement à celle des biceps).

C’est donc une destination vacances à considérer sérieusement, surtout si vous aimez collectionner les pamphlets de Kendra, Madame Toute Nue Avec Des Étoiles Sur Les Seins Qui Veut Vraiment Apprendre À Te Connaître*

Vegas, baby.

*Moyennant quelques frais.

mercredi 7 décembre 2011

Poutine à tout prix.

Parfois, il m'arrive que les temps soient très durs dans ma compagnie de jeux vidéos californienne. Prenez par exemple cette semaine: quelqu'un a bouffé toutes les Sour Patch rouges dans la boîte, et a remis tout le reste dedans, de sorte qu'il reste seulement des jaunes, des vertes et de oranges. Ark. Puisque ça veut dire qu'un programmeur a sûrement touché avec ses mains chaque Sour Patch pour les remettre dans la boîte après, c'est un peu dégoûtant. Surtout quand on réalise que l'activité favorite du programmeur moyen est de naviguer sur Reddit en cherchant des photos de chats au travail avec la moitié d'une main dans le pantalon, comme chez lui.

Tout ça signifie que je dois me rendre jusqu'à la cuisine pour me prendre d'autres Sour Patch d'une autre source infinie de collations.

Heureusement, dans ce temps-là, j'arrive chez moi le soir et je peux me réconforter en me concoctant une jolie poutine maison, avec de la sauce en poudre St-Hubert achetée au IGA lors de ma dernière escapade, et du fromage en crottes qui fait squik squik importé d'un truck stop sur la 20 pas trop loin du feu Madrid.

Importer du fromage en crottes n'est cependant pas de tout repos.

Tout ceux qui ont déjà pris l'avion avec moi depuis l'obtention de mon visa savent qu'il faut habituellement prévoir un peu plus de temps pour les correspondances de vols internationaux. Avec mon statut officiel de voleuse-de-job-qui-parle-même-pas-bien-anglais-comment-ça-ça-parle-pas-toute-anglais-au-Canada, je suis rendue experte dans l'art "d'aller dans le p'tit bureau".

Aller dans le p'tit bureau, c'est se faire interroger par les douaniers américains, les mêmes types qui ne savent pas trop c'est quoi l'internet, afin de vérifier que je ne suis pas en réalité une future immigrante illégale qui va passer le restant de sa vie à vivre le rêve américain en vendant des tacos maisons dans mon truck à bouffe avec une femme nue sur une moto peinturée sur le côté avec du glitter ou encore une oeuvre d'art peinte à la main de mon cru.


C'est dans un truck comme celui-ci que j'ai mangé ma première crêpe au steak haché et bacon.


Parfois, dans le p'tit bureau, alors qu'on me pose des questions personnelles comme, "Tu penses-tu rester toute ta vie ici ?", "T'es sûre que tu inventes pas la job que tu viens de me décrire là ? Ça a l'air compliqué là analyser les jeux vidéos comme tu dis... j'pas sûr que c'est comme ça que ça se fait.", ils décident de fouiller mes bagages.

Douanier 1: What IS that?
Moi: Euh.... cheese?
Douanier 1: I've never seen cheese like this before. Jack? Jack!! Come here for a second.
Douanier 2: What?
Douanier 1: She says it's cheese! Look at this!
Douanier 2: Hmmm... maybe we should open it...
Moi: No! It's really cheese! It stays fresh if the bag is never opened! It does.. euh... squik quik!!
Douanier 1: ...
Douanier 2: ...
Douanier 1: Are you trying to imitate the sound of a cow?
Moi: .... no.
Douanier 1: Are you trying to tell us that you visited a farm, young lady? Because your declaration says that you didn't...
Moi: No !!! It's cheese you buy in truck stops on the side of the highway... they are not "farms !" In french we call it... cheese... in kind of... poops...
Douanier 1:....
Douanier 2:....
Douanier 1: If you were in contact with animal poop from a farm, you have to tell us now, because...-
Moi: No, it's just the word in french is cheese in poops. Let me check something... just a second !!!

Je ne voulais pas qu'ils ouvrent mon sac de fromage frais. Mon bagage à main aurait fini dans la soute à bagages comme d'habitude à cause qu'il n'y a plus jamais de place dans les cabines, mon fromage à -50 degrés dans la soute, tout ouvert, ruiné, ne faisant plus squik squik. J'ai alors remercié Steve Jobs pour l'accès à internet mobile, et pour wikipédia.

Moi: CHEESE CURDS !!!!! It's called cheese curds !!!! Yééé !
Douanier 1: Oh, really? Oh, I had cheese curds before when I was working in the midwest. It was fried, though.
Douanier 2: Oh yeah ! Me too, it's good ! But it doesn't look like this.
Moi: Fried ? No... euh, we do it for poutine.
Douanier 1 & 2: OOOH POUTINE !!! So good !!!!!

Ensuite on a eu des rapprochements émotionnels car un des douaniers avait déjà goûté à une poutine en 1997 à New York. Ya eu une anecdote mal-à-l'aisante sur son ancienne blonde qui l'a quittée pour son frère, mais somme toute, j'étais sauvée.

Je pouvais repartir avec mon fromage, mon permis de travail, et mon désir de me faire une poutine bien chaude qui fait squik squik avec ma sauce en poudre.

lundi 29 août 2011

Maman et Papa Bacon en visite



Oui jeune garçon, je te sais désemparé car tu n'as pas eu ta dose de conseils depuis des lustres déjà. Tu sais, la vie dans la Vallée du Silicone n'est pas toujours évidente. L'attrait de la Californie a transformé mon appartement  en joyeuse auberge de jeunesse, où plein de visiteurs parfois déçus ont afflué durant tout l'été. Car plusieurs faits sont souvent inconnus des visiteurs à leur arrivée:

  1. Quand je dis qu'il y a vraiment des geeks partout dans mon coin, c'est qu'il y a vraiment des geeks partout. Plusieurs personnes associent la Californie avec le bronzage, les speedos, les boules en silicone. Parce que ici c'est Silicon Valley à cause de l'informatique, pas à cause de Pamela. Pamela elle est à L.A., ici on se gèle le cul et si tu veux voir des beaux hipsters, faut faire 45 minutes de route vers le Nord à San Francisco, où tu vas très certainement tolérer ta petite laine tellement il fait frette. Ici, c'est comme Ste-Madeleine par rapport à Montréal, sauf qu'au lieu de tentes-roulotte ce sont des piaules à 2,4 millions pour trois chambres à coucher, au lieu de shack à patates ya des shacks à nouilles Ramen et au lieu de personnes peu reluisantes à voir en bédaine l'été... ben... ah ben ça ça change pas. Comparaison boîteuse. 
  2. Oui, je travaille dans la Vallée du Silicone, mais je ne roule pas sur l'or. Tu sais, quand ta chambre avec coloc te coûte 1200$ par mois, tu piles sur ton orgueil pis tu le prends, le communauto, afin d'économiser pour le double impôt Canada-USA que tu devras payer à la fin de l'année. Je me donne quelques mois pour troquer le char de hippie contre une rutilante Tercel 2000 encore toute bien conservée par l'absence d'hiver et le minimum de 10 degrés celsius l'hiver. Puis on s'entend que de se faire nourrir, plus les occasionnelles razzias de fruits, légumes, chips, céréales et lavage chez Google, ça aide dans le budget.
Mais c'est la grosse vie sale sinon.

Mes parents sont allés visiter mon bureau l'autre fois, le soir, alors qu'il fallait aller user de l'imprimante et je leur avais dit de ne pas acheter de collation, on allait passer au bureau.

Maman: Mon dieu, ça a donc ben l'air d'une garderie ici! C'est quoi ces affaires-là ?
Moi: Des fusils Nerfs qui pitchent des affaires en styromousse.
Maman: Pis ça ?
Moi: Une grosse moto du film Tron grandeur nature.
Maman: Pis ça ?
Moi: Un panier de basket-ball.
Maman: Pourquoi vous avez un tas de coussins là dans le coin, avec un gros pot de M&Ms dans le milieu ?
Moi: C'est une salle de réunion.
Maman: Ben là, quand est-ce que vous travaillez ? 
Moi: Ben, tout le temps.
Maman: Je comprends pas. Me semble que c'est dangereux pour toi cet environnement-là. Tu dois être le genre à te bourrer la face de réglisses au lieu d'écouter dans les réunions. Pis à quoi ça sert cette grosse TV là à côté de la table de ping-pong ? Regarder des films au lieu de travailler par exemple !
Moi: C'est pour jouer à Golden Eye 64.

C'était pas vraiment la même ambiance que lorsque j'avais amené Jeune Soeur au bureau. Elle était restée devant le présentoir à jujubes pendant au moins 5 minutes, visiblement indécise, avant de juste ouvrir son sac à dos et accumuler les nouilles Ramen, les peanuts au BBQ, les biscuits Oreo, les Coke Diet... Ya fallut que je lui fasse accroire que le gardien de sécurité allair arriver pour la déspatuler du présentoir.

Moi: Bon, je vais aller faire imprimer les documents là. Prenez un tit coke, je reviens dans pas long. Est-ce que je peux vous laisser à la garderie deux minutes ? 
Maman, visiblement perplexe: Ouin.
Papa, visiblement excité: Oui !!!

Quand je suis revenue, Papa Bacon était en train de se préparer à jouer une partie de ping-pong et se cherchait un partenaire. Malheureusement, je n'étais pas là et les seules autres personnes présentes à part ma mère étaient un vieux couple d'asiatique en train de dévaliser le présentoir à Bagel et à partir avec un pinte de lait à la maison. Les temps sont durs....

Papa: Viens on va jouer une petite game ! Cet endroit est vraiment le fun, tu devrais le mettre comme endroit officiel là !
Moi: De quoi tu parles ?
Papa: Oui, tu le mets comme endroit et je le vois et je clique sur "J'aime".
Moi: Ah, tu veux que je check-in sur Facebook !
Papa: Non non, je veux juste que ça apparaisse sur internet.
Moi: Oui. Okay...

Comme quoi la Vallée du Silicone influence même les baby boomers. Quand on était su Starbucks, ou au Pier 39, ou dans un Mcdo, ou dans une forêt, ou sur l'autoroute, mon père voulait toujours que "je mette l'endroit sur internet". On aurait cru une jeune écolière abusive Facebook qui aime "Les Douches À Deux" et "Si tu aimes les vacances fais Like", sauf que lui c'était pour que son frère voit les endroits qu'il faisait, et non pas pour rendre jalouse toute l'école secondaire et attirer l'attention.

Pendant que je passais un beau moment père-fille à mon milieu de travail la fin de semaine, j'ai aperçu du coin de l'oeil ma mère qui était prudemment en train de dévaliser le comptoir à fruit, en choisissant intelligemment les pêches bientôt mures, puis pour ensuite se diriger vers les comptoir à collation en scrutant les valeurs nutritives. 

Elle aussi, à la fin, redemandait que l'on passe par mon travail avant de partir pour la journée, en se demandant quelle sorte de Glosette elle allait prendre aujourd'hui.







vendredi 29 juillet 2011

Choses à savoir avant de sauter en parachute.

Pour seulement 150$, vous aurez un vieux dude attaché à votre derrière pendant près d'une heure.

On va être honnête là: Guillaume Lemay-Thivierge, y se graisse la patte en mautadit. En plus de Ramdam et de se reproduire avec Mariloup Wolfe (je dois avouer qu'après avoir tapé ce nom pour la première fois, j'ai fait une recherche Google pour "Chandail de loup Mariloup Wolfe", sans succès), le plus-si-jeune nain charge près de 300$ pour un saut en parachute dans un champ de Joliette. On s'entend que hormis le saut en question, la plus hot caractéristique de ton saut sera d'avoir "vu Sorel-Tracy du haut des airs". 300 piasses, c'est cher en plus de devoir se taper la route jusqu'à Joliette, avec de très fortes probabilités de covoiturage avec le cousin d'un ami ou le beau-frère, qui va absolument vouloir entendre la toune "Le Shack à Hector" en passant sur la 131 Nord.

Mais c'est pas grave, parce que c'est tellement excitant !

Laissez-moi vous entretenir de mon propre saut en tandem.

Ce que vous devez savoir avant de sauter en parachute aux États-Unis, c'est que vous en avez pour votre argent. C'est un peu que le Danby des sauts en parachute. Mon saut m'a coûté 150$ taxes incluses, et j'ai apprécié telle une jeune adolescente à son premier concert de Justin Bieber.

Yeah. Même dilemme moral qu'Hermione.


Les Américains, c'est short and sweet, pas de préliminaires, on enligne ça le parachute comme les programmeurs de la job enlignent les parties de Magic le midi. Des madames cutes (et c'est inscrit sur les documents, "une de nos cutes préposées au parachutage se fera un plaisir de vous aider") nous font remplir un questionnaire dans lequel on vend notre âme à la compagnie de parachute, nous ôtant toute option de poursuite si jamais il nous arrive quelque chose, et nous rappelant qu'on est pas mal stupides de risquer notre vie en nous pitchant en bas d'un avion avec pour seule chance de survie un bout de tissu que l'on espère bien rangé dans un sac à dos:

J'avais le goût de rajouter "is not" pour faire drôle.

On nous laisse chiller sur des divans douteux de hangar hippie, parce que le saut en parachute, c'est cool de même, et que l'hygiène, c'est pas à ça que tu penses avant de sauter. Des instructeurs font des siestes ou alors roulent des parachutes à répétition dans des sacs, alors que les jeunes geeks tous habillés avec des t-shirt de "Firefox Dev Team", prochains à sauter, parlent du récent tournoi intra-Silicon Valley de Starcraft ("Google s'est vraiment fait détruire par DropBox!!!") pour détendre l'atmosphère. De mon côté, je commençais à penser que c'était pas une si bonne idée que ça d'avoir pris un Double-Double Animal Style chez In&Out Burger avant de venir, parce que si je le vomissais dans la face de mon instructeur de tandem, il allait peut-être avoir la vision de son altimètre obstruée.

Un homme tout en sueur, tout fraîchement sorti d'un saut tandem avec une dame d'environ 78 ans blonde platine avec bagues en or et jogging coton ouaté rose, s'approche vers moi et se présente comme Chester. L'affaire, c'est que je l'ai déjà vu, Chester, lors d'un vidéo qu'un collègue m'a montré avant mon saut, disant que supposément il travaillait à mon centre de parachutage:




- Allô, moi c'est Chester !!!!
- ...allô.
- Es-tu prête à sauter !!! Yaaaah !!!
- ...oui.
- Yaaaaaaahhhh !!!!!!
- Yah.
- Ça va ? T'as tu peur ?
- J'sais pas. Est-ce que c'est toi le gars du vidéo Youtube visiblement gelé qui se jette en bas d'un pont devant la police ?
- C'est pas vraiment un de mes meilleurs moments, mais ouais. Aie pas peur, j'ai fait 5000 sauts dans ma vie, pis chuis pas mort encore. Yaaaaaaaahhh !!!!

Et oui, c'est un fait vécu. J'ai pas trop élaboré à savoir comment s'était passé le procès.

Le parachute, aux États-Unis, ya pas de vidéos d'instructions fancy avec des acteurs qui simulent quoi faire, ou alors qu'est-ce qui va arriver, avec du monde beau et un avant-goût excitant de se qui va se passer. C'est ton instructeur qui t'explique la vie, entre deux cigarettes, avec une petit odeur de toilette chimique en arrière-plan.

- Okay, m'a te dire ce qui va arriver. Écoute-moi ben.
- Okay.
- Mets cte harnais-là. C'est ça. M'a t'attacher ben solide après moi dans l'avion, pour l'instant fais juste te mettre les pattes là-dedans. Bon, okay. On va monter dans les airs, pis là tu vas t’asseoir su mes genoux quand on va être rendus ben hauts, pis m'a serrer tes straps comme il faut. Faudrait pas que tu glisses en bas de ton harnais, hein, HA HA !
- Haha.
- Là ensuite on va dire, un, deux trois, GOO ! Pis on va sauter de l'avion. On va faire des flips. Tu aimes tu ça les flips ? Des front flips ?
- Euh...
- Bon, on va faire une couple de flips. Tu vas voir, ça va être le fun. À cte moment-là on va être en petit bonhomme ensemble. Ensuite, m'a te taper sur l'épaule, pis là tu vas plier tes jambes entre les miennes, pis là tu ouvres les bras comme un papillon. 
- Attends, là, quand ça ?
- Quand m'a te taper sur l'épaule.
- Comment je place mes jambes là ? 
- De même, là, CHECK.
- Oui mais à quel moment que...
- Eille, c'est pas compliqué ! Tu dois travailler pour une compagnie d'informatique toi, y posent tout le temps des questions là où ya rien à comprendre. On saute, t'es en tit bonhomme, jte tape sur l'épaule, t'es en papillon, on prend des photos, le parachute s'ouvre, envoye bye bye, on rentre en autobus.

Pendant ce temps-là, mon amie Caro avait un jeune instructeur fringant qui lui disait des petits mots doux en lui répétant les instructions doucement, en mentionnant qu'il avait ses cours d'ambulanciers et que les seuls mots qu'il savait dire en français étaient "Je t'aime".

Une fois dans l'avion, mon instructeur et moi on a pas vraiment communiqué. Ya eu un moment de proximité lorsque je me suis mise sur ses genoux 5 secondes, mais c'était pas si gênant, parce que ça faisait 5 minutes que j'avais son entre-jambe sur mon arrière-train, et quelques bruits de reniflement.

Ensuite la porte de l'avion s'est ouverte, et tous les jeunes fous qui sautent tout seul car ils ont leur certificat de parachute sont partis, et sont devenus tout petits, en criant YAAAAAaaaaah... J'ai laissé échapper un petit "tabarnak" en pensant à des choses importantes, comme mon poisson Nathalie, abandonné au Québec dans les bras d'une bonne samaritaine, ou encore au fait que je n'avais goûté qu'à une des trois sortes de Cap'n Crunch exclusives. J'en étais à penser à quel âge était rendu Manolo avec tout ça, quand mon instructeur a crié, UN, DEUX, GOOO !!! YAAAAAH !!! et on était en train de faire des front flips dans le ciel californien, avec la mer en arrière-plan.

Tout s'est bien passé et c'était magnifique. Je vous raconterais bien comment s'est passé la chute libre mais ça s'est passé tellement vite, un peu comme toi jeune garçon, quand tu as perdu ta fleur en environ 3 poussées de bassin en 2007. Bon, j'exagère, la chute libre a quand même duré un bon 55 secondes.

Une fois le parachute ouvert, j'ai dit à mon instructeur que j'avais la poitrine qui voulait exploser sous mon harnais, et je me disais que mettre une brassière de sport n'aurait pas été une mauvaise idée (conseil à la gente féminine qui veut sauter en parachute). On était proches maintenant lui et moi, après ces 55 secondes de chute libre et de moi qui bavais dans son visage, alors il était à l'aise de mettre un peu de lousse dans mon harnais. Mais pas trop, faudrait pas que je glisse en bas de mon harnais, hein, ha ha.

À mon arrivée, j'y ai laissé un bon tip. Je me suis dit que ça l'aiderait à payer ses frais d'avocats.