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samedi 17 mars 2012

La dentiste élue de la Vallée du Silicone

(Attention: ce récit n'est pas pour les âmes sensibles de dentistes)

Ça faisait un an que j'étais dans la Vallée du Silicone et je n'étais pas encore allée chez le dentiste. Je repoussais toujours le moment parce que j'avais peur. Je n'avais jamais pris la peine d'aller sur Wikipédia regarder la traduction des mots "molaire", "plombage", "érosion des gencives", et tout autre mot qui pourrait être utile à comprendre.

Puis, tout à coup, j'ai comme réalisé qu'avec la quantité de sucre gratuite qu'on m'offre à la job, je devrais peut-être faire un check-up avant qu'il soit trop tard, compte-tenu du fait qu'à chaque jour je me prends un tit peu de m&m aux pinottes, un tit peu de réglisse, un tit peu de glosettes, un petit peu de melons d'eau surettes, et que le bureau ressemble à une cossue maison du quartier dix-30 qui donne des bonsbons d'Halloween, mais à longueur d'année. Et que je suis en train d'écrire ce texte en m'arrêtant à chaque phrase pour prendre un demi-rouleau de rockets. Et qu'il est 10h du matin. Mes phrases sont courtes. J'aime ça. Je disais donc.

J'ai fait ce que toute jeune habitante de la Vallée du Silicone ferait pour se chercher un nouveau dentiste, un coiffeur, une esthéticienne, un restaurant thai, ou un stand à crêpes au steak haché à 3h du matin: j'ai pris mon téléphone et j'ai regardé les évaluations des commerces de la région.

Je suis arrivée chez mon bureau de dentiste brun et je n'étais pas trop dépaysée: des revues de potins et de décorations de vlà 5 ans, des murs bruns, des chaises brunes, on se croyait dans n'importe quel quartier résidentiel de St-Hubert sur la rive-sud.

Une madame chaleureuse à la réception m'a fait remplir une tonne de documents biographiques, et de documents légaux (j'ai arrêté de lire à "vous ne tenterez pas d'actions légales en cas de perte de dents"), mais je suis habituée maintenant. Aux États-Unis, le sport favori des américains est la poursuite légale, alors maintenant, que ce soit en parachute ou chez l'esthéticienne pour une épilation des demies-jambes, il faut toujours signer chaque page d'une bible de documents, affirmant que c'est pas de la faute des esthéticiennes si jamais la cire à épiler pogne en feu et te fait perdre un oeil. C'est Jenny qui a sa "PME" d'épilation dans son demi sous-sol à Charny qui ferait la saut.

Moi: Allô, je crois que j'ai rempli des documents comme il faut. Combien ça coûte au juste aller chez le dentiste ?
Madame: Votre assurance couvre tous les frais.
Moi: Genre, toute toute toute ?
Madame: Les frais habituels, mais comme pour tous les assureurs ou presque, pas l'anasthésie.
Moi: Hein?
Madame: Oui, pour un plombage par exemple. On a besoin d'anasthésie si le patient veut.
Moi: Euh, ya du monde qui prennent pas l'anasthésie ?
Madame: Oui.
Moi: Sont malades.
Madame: On les laisse habituellement entrer avec une très forte odeur de gin (insérer ici rire de Consuela mexicaine épeurant) Ha Ha Ha.
Moi:...
Madame: Bon, vous n'avez pas indiqué le nom de votre dentiste précédent.
Moi: C'est qu'il est Canadien. Je sais pas s'il est dans votre base de données
Madame: ...
Moi: C'est que j'habitais au Canada l'an dernier.
Madame: (regard vitreux)

NDLR: Il arrive parfois que les gens aient cette réaction face à la mention d'un pays étranger différent de "Chine" ou "Alaska". Puis, par la suite, ils réalisaient que le Canada était bel et bien cette grosse étendue de neige en haut des USA. Avec les igloos et la Molson Canadian.

Moi: ... (regard encourageant, hochement de tête, oui oui! ça existe)
Madame: ...et ils vous nettoient les dents comment, au... Canada ? Est-ce que je dois demander un traitement spécial ?
Moi: Ben, ils ont des outils qui font biiiizzz biiiiizzz et ils nettoient les dents, prennent des radiographies et tout... comme ici... enfin... J'espère là. (rire nerveux).

NDLR: À ce moment-ci, Consuela a commencé à fixer ma bouche d'un air perplexe. Je me suis rendue compte qu'à la suite de ma description, elle devait s'imaginer que nos dentistes avaient des chemises à carreaux, arrivaient à cheval dans leur bureau/chalet en bois rond, commandaient leur stock de "dentistes" à l'aide d'UPS-traîneau-à-chien, puis que le biiizzz biiizzz que je mentionnais aurait très bien pu être un bruit de chainsaw.

Madame: Hmm, d'accord, et bien viens, on va regarder l'état de tes dents.

L'équipement semblait dater des années 80, et mon moment le plus traumatisant a certainement été la prise des radiographies. Dans mon ancienne vie, je m'assoyais sur une chaise avec un petit bout de carton dans la yeule. Yavait une machine qui faisait le tour de ma bouche en faisant bzzzz (je dois faire attention avec mes onomatopées qui ressemblent à des chainsaws). Mais Madame Réceptionniste/Consuela/Hygiéniste avait entre les mains un gros gun brun qui ressemblait à un séchoir à cheveux au bout duquel on avait rajouté un cône pour que les chiens se grattent pas la tête. Voici une version imagée:


   
+
Voilà.


Je m'excuse pour le manque de détails de l'image, mais accouplez ces deux choses ensemble, mettez le résultat brun, et le tour est joué. Le désavantage évident, hormis le fait que l'appareil avait l'air d'être fait à la main par Vidal Sassoon avant la chute du mur de Berlin, était que je devait avoir une immense plaque magnétique dans le bouche. Plutôt, dans le fond de la gorge. Je n'étais donc pas capable de la garder sans avoir le goût de vomir.

Moi: (crache le truc)
Madame: Oups! C'est pas grave. On va réessayer. Je vais te le mettre dans le fond de la bouche, et ensuite tu vas fermer la bouche, et compter jusqu'à trois. Voiiiiilà. 1,2...
Moi: (crache le truc) 
Madame: Bon, on réessaie. Voilà. 1,2...
Moi: (crache le truc). Oups.
Madame:.... (visiblement agacée, elle me recrisse la plaque magnétique dans le fond de la gorge avec "vigueur", de sorte que je le recrache immédiatement et m'étouffe en repoussant sa main.)
Moi: Ben là sti...

Jamais dans mes multiples années chez le dentiste j'avais vécu ça. Mes rendez-vous avaient toujours été qualifiés de normaux: on arrive, on passe au cash, bing bang, passez Go et encaissez la brosse à dents gratuite. Une fois circa 1996 je me souviens avoir détourné la tête et fait OUACHE parce que quelqu'un avait pété dans la salle d'examen. C'est TOUT. Et j'en suis pas fière.

Heureusement, la dentiste est arrivée à ce moment-là.

Dentiste: Allô, ça se passe bien ici ?
Madame Hygiéniste: Non non, elle a vraiment des gros réflexes de déglutition.
Dentiste: Oh, mais je crois que tu n'as pas besoin d'aller si loin...
Madame Hygiéniste: Mais, hi hi, tu vois, elle n'est pas mariée (en pointant mon auriculaire gauche), elle doit donc pas encore être habituée à avoir quelque chose dans la bouche tout le temps... Hi hi hiiiii....
Moi:...
Dentiste:...
Madame Hygiéniste:.... hi hi hi.
Dentiste: On peut se parler deux minutes ?
Madame Hygiéniste:... ok

Pendant que dentiste et hygiéniste se parlaient visiblement avec insistance en espagnol à côté de la salle d'attente, je fixais la pile de films pour enfants, en ne souhaitant rien d'autre que d'être plutôt dans le bureau du Dr Robert avec Anik, la gentille hygiéniste qui te donne l'impression de te caresser les gencives en te nettoyant, à écouter Toby le chien étoile. Plus rien ne serait pareil.

Vu que j'ai passé mes années d'espagnol au secondaire à apprendre La Bamba, Macarena et Allegria (que je ne pense même pas être en espagnol, après tout), j'ai cru seulement comprendre le mot "Playa" de leur conversation. Mais encore là, j'étais pas sûre.

Finalement, je suis sortie du cabinet du dentiste avec ma brosse à dents et un rabais de 15$ sur une brosse à dents électrique, "parce qu'on est en 2012, et qu'on devrait profiter de la technologie". Et un traumatisme. Mais pas de carie. (et possiblement une surdose de radioactivité)

J'ai regardé les murs bruns du Dentiste de la Vallée du Silicone en sortant, endroit où je me souviendrai à tout jamais avoir laissé mon innocence.

mardi 7 février 2012

Mon premier et dernier Super Bowl

Si au moins j'avais pu amener ça...


J'étais si excitée. J'allais vivre l'équivalent de la coupe Stanley, mais chez les Américains. Je n'avais jamais écouté un match de football au complet de ma vie, et je me disais que le Super Bowl en Amérique, ça devait être pas si pire. En plus, je pourrais voir les vraies annonces. LES VRAIES ANNONCES. À RDS, c'est toujours un peu étrange d'entendre la voix du gars qui faisait les commentaires sur les matchs des Expos entre deux annonces de Canadian Tire annoncer un toucher. Ça fait pas américain.

Mais encore fallait-il que je me trouve des amis avec qui écouter la partie. Les 49ers de San Francisco avaient été éliminés lors de la ronde d'avant, et par solidarité régionale, j'avais tenté d'écouter le match sur un stream illégal de la Russie sur mon ordinateur. Pous nous mettre dans l'ambiance, on avait seulement des chips pas de gras et de l'alcool, puis la game étaient tellement pixélisée qu'on avait de la difficulté à savoir qui avait le ballon, ou bien où était le ballon. ("Oh, je pense qu'il vient d'échapper le ballon!" "Non, il vient de foncer dans une cheerleader" et autres moments imprécis). À 5 minutes de la fin, le stream vidéo a coupé, avec une belle annonce style "Ce vidéo est illégal".

Je devais donc me reprendre pour le Super Bowl. Mes critères étaient les suivants pour trouver un hôte:

  • Avoir une grosse télé
  • Savoir les règles du jeu
  • Vouloir m'expliquer les règles du jeu
  • Avoir une hygiène minimale
75% des geeks de mon travail étaient donc éliminés, ne comprenant rien au football, et ayant planifié un gros LAN party ce dimanche-là, pour profiter de tous les spéciaux de la malbouffe. Il faut dire qu'à mon épicerie, la semaine avant le super bowl, l'entrée habituellement très normale (avec des grosses annonces de vaccins contre la grippe gratuits à l'achat de 100$ d'épicerie) avait été complètement transformée. Imaginez une gigantesque arche allant jusqu'au plafond, avec des bouts de carton pour simuler un château, faite exclusivement de caisses de bière, de nachos et de sauces à Tostitos de toutes les couleurs. Entrer dans l'épicerie me donnait comme une impression de voyage surréaliste dans une artère de programmeur souffrant d'embonpoint. 

Heureusement, j'avais réussi à trouver un endroit où regarder le Super Bowl: les Brogrammers de mon équipe (un peu douchebags, riches, grosse tévé, toujours prêts à étendre leurs connaissances) avaient fait une exception à la règle: une fille avait le droit d'assister au Super Bowl avec eux, mais fallait pas que je les juge. Yé ! J'étais semi-excitée.

Avant la partie, je suis arrêtée à l'épicerie, pour acheter un sac de chips et des cochonneries.

Quelle mauvaise idée.

Ça se bousculait partout, il y avait des gardiens de sécurité, les enfants braillaient. On se croyait dans un boxing day qui avait mal viré à cause de, genre, la fin du monde. Il ne restait plus rien. J'ai apostrophé un employé ado en panique, caché derrière la section fruits et légumes. Il était brillant, personne ne le trouverait là.

-Allô, est-ce qu'il vous reste des chips?
-Ha, ha, est bonne.
-Bon, on va prendre ça pour un non. Mais votre grosse arche de Mcdo faite en salsa à l'entrée, yen a plein là-dedans.
-Non, on a pas le droit de toucher à l'Arche. (on sentait le A majuscule dans son ton)
-Ben là, c'est un peu con. Elle est sur le bord de s'écrouler en plus.
-Voilà pourquoi je m'essayerais pas à ta place, le gardien de sécurité a sacré du monde dehors à coups de matraque pour moins que ça à matin.
-Ah.

J'ai fait le tour des allées et le choix était plutôt limité. Je ne pouvais pas me pointer là avec une boîte de Fruit Loops no name... mais ça semblait être le choix le plus logique. J'ai continué à chercher.

30 minutes plus tard, en retard pour le kick-off, je sonnais à la porte de mes semis-amis, qui allaient bientôt devenir seulement mes semis, plutôt honteuse.

-Allô...
-Salut ! T'es en retard ! Envoye, rentre, pis mets tes cochonneries sur la table avec les autres, je suis en train de me faire une sandwich gratinée aux Cheetos !!

Doucement, j'ai sorti les éléments de mon sac. Des sacs de pommes vertes en quartiers avec une sauce au caramel. Suivi d'une premier jugement. Ensuite, des bébés carottes avec de l'hummus. Deuxième jugement. Finalement, je me suis dit que j'allais garder le meilleur pour la fin: du pop-corn au micro-ondes, pour essayer de me sauver la face.

-C'est quoi c't'affaire-là ?
-De la bouffe...
-C'est quoi qu'il est écrit sur le pop-corn... sans... gras... Ben voyons donc ?! Pis c'est quoi le truc brun?
-De l'hummus, pour aller avec les carottes.
-C'est une joke là ?
-Ben, je me suis dit que vous voudriez des trucs santé.
-Quoi???
-Ben non, okay, il restait plus rien à l'épicerie, je suis désolée, je suis vraiment indigne de ce pays !
-Mets-en !!! Éloigne cette bouffe anti-américaine de notre vue ! Faut pas gâcher le peu de patriotisme qui nous reste.

Je suis allée m’asseoir dans un coin, ne posant aucune question de toute la première demie. Puis quand j'ai demandé si on pourrait lever le son durant le spectacle de la mi-temps de Madonna, je me suis tellement faite regarder de travers, que j'avais compris que ça serait sûrement mon dernier Super Bowl. L'an prochain, faudrait que j'apprenne les raccourcis clavier de Stacraft 2 et que j'aille au LAN party, moi aussi.


mercredi 7 décembre 2011

Poutine à tout prix.

Parfois, il m'arrive que les temps soient très durs dans ma compagnie de jeux vidéos californienne. Prenez par exemple cette semaine: quelqu'un a bouffé toutes les Sour Patch rouges dans la boîte, et a remis tout le reste dedans, de sorte qu'il reste seulement des jaunes, des vertes et de oranges. Ark. Puisque ça veut dire qu'un programmeur a sûrement touché avec ses mains chaque Sour Patch pour les remettre dans la boîte après, c'est un peu dégoûtant. Surtout quand on réalise que l'activité favorite du programmeur moyen est de naviguer sur Reddit en cherchant des photos de chats au travail avec la moitié d'une main dans le pantalon, comme chez lui.

Tout ça signifie que je dois me rendre jusqu'à la cuisine pour me prendre d'autres Sour Patch d'une autre source infinie de collations.

Heureusement, dans ce temps-là, j'arrive chez moi le soir et je peux me réconforter en me concoctant une jolie poutine maison, avec de la sauce en poudre St-Hubert achetée au IGA lors de ma dernière escapade, et du fromage en crottes qui fait squik squik importé d'un truck stop sur la 20 pas trop loin du feu Madrid.

Importer du fromage en crottes n'est cependant pas de tout repos.

Tout ceux qui ont déjà pris l'avion avec moi depuis l'obtention de mon visa savent qu'il faut habituellement prévoir un peu plus de temps pour les correspondances de vols internationaux. Avec mon statut officiel de voleuse-de-job-qui-parle-même-pas-bien-anglais-comment-ça-ça-parle-pas-toute-anglais-au-Canada, je suis rendue experte dans l'art "d'aller dans le p'tit bureau".

Aller dans le p'tit bureau, c'est se faire interroger par les douaniers américains, les mêmes types qui ne savent pas trop c'est quoi l'internet, afin de vérifier que je ne suis pas en réalité une future immigrante illégale qui va passer le restant de sa vie à vivre le rêve américain en vendant des tacos maisons dans mon truck à bouffe avec une femme nue sur une moto peinturée sur le côté avec du glitter ou encore une oeuvre d'art peinte à la main de mon cru.


C'est dans un truck comme celui-ci que j'ai mangé ma première crêpe au steak haché et bacon.


Parfois, dans le p'tit bureau, alors qu'on me pose des questions personnelles comme, "Tu penses-tu rester toute ta vie ici ?", "T'es sûre que tu inventes pas la job que tu viens de me décrire là ? Ça a l'air compliqué là analyser les jeux vidéos comme tu dis... j'pas sûr que c'est comme ça que ça se fait.", ils décident de fouiller mes bagages.

Douanier 1: What IS that?
Moi: Euh.... cheese?
Douanier 1: I've never seen cheese like this before. Jack? Jack!! Come here for a second.
Douanier 2: What?
Douanier 1: She says it's cheese! Look at this!
Douanier 2: Hmmm... maybe we should open it...
Moi: No! It's really cheese! It stays fresh if the bag is never opened! It does.. euh... squik quik!!
Douanier 1: ...
Douanier 2: ...
Douanier 1: Are you trying to imitate the sound of a cow?
Moi: .... no.
Douanier 1: Are you trying to tell us that you visited a farm, young lady? Because your declaration says that you didn't...
Moi: No !!! It's cheese you buy in truck stops on the side of the highway... they are not "farms !" In french we call it... cheese... in kind of... poops...
Douanier 1:....
Douanier 2:....
Douanier 1: If you were in contact with animal poop from a farm, you have to tell us now, because...-
Moi: No, it's just the word in french is cheese in poops. Let me check something... just a second !!!

Je ne voulais pas qu'ils ouvrent mon sac de fromage frais. Mon bagage à main aurait fini dans la soute à bagages comme d'habitude à cause qu'il n'y a plus jamais de place dans les cabines, mon fromage à -50 degrés dans la soute, tout ouvert, ruiné, ne faisant plus squik squik. J'ai alors remercié Steve Jobs pour l'accès à internet mobile, et pour wikipédia.

Moi: CHEESE CURDS !!!!! It's called cheese curds !!!! Yééé !
Douanier 1: Oh, really? Oh, I had cheese curds before when I was working in the midwest. It was fried, though.
Douanier 2: Oh yeah ! Me too, it's good ! But it doesn't look like this.
Moi: Fried ? No... euh, we do it for poutine.
Douanier 1 & 2: OOOH POUTINE !!! So good !!!!!

Ensuite on a eu des rapprochements émotionnels car un des douaniers avait déjà goûté à une poutine en 1997 à New York. Ya eu une anecdote mal-à-l'aisante sur son ancienne blonde qui l'a quittée pour son frère, mais somme toute, j'étais sauvée.

Je pouvais repartir avec mon fromage, mon permis de travail, et mon désir de me faire une poutine bien chaude qui fait squik squik avec ma sauce en poudre.

vendredi 2 décembre 2011

Hockey 101



Le hockey pour les gens demeurant dans la Vallée du Silicone, c'est un peu comme nous les Québécois et l'Omni-Kin. On sait que ça existe, on payerait pas vraiment pour aller voir ça à moins que la bière soit vraiment pas chère, pis on serait pas comme "WAAAAH REGARDE C'EST RUSS BERGERON LE JOUEUR ALL-STAR D'OMNI-KIN DE CHARNY!!!!".

Le hockey c'est un peu comme ça ici. Tout le monde s'en fout. Donc, quand je suis allée voir la partie des Canadiens contre les Sharks, c'était pas surprenant que je sois assise à côté de deux moustachus dans la cinquantaine qui ne comprenaient pas ce qui se passait.

Moustachu 1: Me semble qu'il tient le bâton de l'autre pas mal fort là, pendant qu'ils sont dans le cercle à pas bouger avant qu'ils mettent la balle en jeu...
Moustachu 2: Comment ça s'appelle ça déjà ?
Moustache 1: Ben, me semble que c'est pas une balle... le truc noir... Attends, je check sur mon téléphone... hum... ah, voilà, mise... mise en jeu de la rondelle ! Voilà !
.....
Moustache 1 & 2: AYOYE !!!
Moustachu 2: Eille, Deumersh là, il l'a frappé fort !
Moustachu 1: Qui ça ?
Mousachu 2: Deumersh. Check sur ton programme.
Moustachu 1: Comment ça s'écrit ?
Moustachu 2: D-E-M-E-R-S.
Moustachu 1: C'est bizarre, ya comme toutes ses dents, je pensais que les Canadiens n'avaient pas de dents.
Moustachu 2: Eille, y fait ben frette icitte.
Moustachu 1: Ouin, ya même pas de cheerleaders.
Moustachu 2: Ouin, me semble que des filles en bikini ça ferait passer le temps un peu.
Moustachu 1: Eille, check l'annonce là: Deux burritos gratuits pour tout le monde chez Jack in the Box si les Sharks comptent dans les deux dernières minutes de la deuxième période.
Moustachu 2: Eille, j'aime ça en maudit Jack in the Box. Si je pouvais ressortir avec deux burritos, je retournerais chez nous avec un profit, pis demain je vais dire à mon boss qu'il m'a pas pantoute rendu service avec son sport de canadiens qui nous fait se geler le cul.
Moustachu 1: On est à quelle période là ?
Moustachu 2: Jsais pas, ça doit achever, cette maudite game-là. Tu viens tu écouter le football chez nous dimanche ?

lundi 5 septembre 2011

Milieu de travail multiculturel

C'est un peu comme ça mon travail, sauf remplacer la langue menacée par le mexicain.

De nos jours, l'industrie du jeu vidéo est plus diversifiée qu'une saison de Fort Boyard. Surtout culturellement. Nous autres, au lieu d'avoir des Felindra, nos spécialistes sont plus souvent qu'autrement des asiatiques. Pendant que l'on travaille, eux ils dorment.

Pendant qu'on dort, ils travaillent deux fois plus que nous, tout en gagnant la moitié de notre salaire. 

Ils rêvent de venir s'établir aux États-Unis, même si c'est au Missouri dans un shack en carton, afin de vivre le rêve américain et d'avoir un fusil. Sont pas ben ben différents de moi dans le fond.

Cette semaine, un Indien de notre bureau à l'autre bout du monde est venu faire un tour sur la Vallée du Silicone pour le prochain mois. Abishek le programmeur n'était jamais sorti de l'Inde, et sa première semaine a bien sûr concordé avec un évènement spécial au bureau.

(NDRL: Dans la Vallée du Silicone, c'est aussi facile de changer de job que de se mettre In an Open Relationship avec le profil que tu as créé pour ton chien sur Facebook. C'est pourquoi, à chaque deux mois, le studio a un après-midi de congé pour faire une activité de team building avec un bar open: go-kart, barbecue, film de guns et de grosses boules en avant-première, etc. De cette façon, tu es supposé trouver ta job cool et centrée sur l'humain et non pas sur la piasse. Oooh !)

C'était un genre de bowling cosmique comme il y avait durant mon adolescence à Brossard. Sauf version bureau. Black lights, boules de bowlings fluorescentes, filles des ressources humaines créant un malaise par le port de chandail bédaine, pièce de Karaoke séparée pour les hauts placés qui ont bu un peu trop de Jagerbombs, gars des services techniques qui en profitent pour donner leur show d'animateurs de foule en criant comme Chewbacca. Un party de bureau très très conventionnel, quoi.

Mais pas pour Abishek. Abishek est un jeune homme frêle et gêné, et la seule fois qu'il a interagi avec une boule de bowling, c'est sur son écran d'ordinateur. Il m'a dit qu'il n'avais jamais joué au bowling avant donc il a cherché un jeu flash sur internet afin d'en apprendre les bases. Il faisait des parties parfaites après sa 5e partie. 

Une fois au coeur de l'action, on pouvait voir qu'Abishek était un peu dépassé par les événements. Le show de lumières disco et la musique de Bon Jovi dans le piton semblait être à deux doigts de lui causer une crise d'épilepsie, il enlignait dalot par-dessus dalot, en plus toute la pile de nourriture (doigts de poulet panés, nachos mouillés avec surplus de vieille guacamole, pizza 7 viandes...) ne semblait pas faire partie de son régime habituel.

Moi: Ça va Abishek ?
Abi: Oui.
Moi: Veux-tu quelque chose à manger ?
Abi: Pas vraiment, non.
Moi: Ok.
Abi: Tout ça, ça finit quand habituellement ?
Moi: Ben tu peux partir quand tu veux ! 
Abi: Je suis venue avec Michelle, je sais pas trop si elle est prête à partir.

Michelle, sa manager, était au bar depuis un bon 15 minutes, enlignant les shooters de Tequila, remplaçant le fameux citron final par une poignée d'onion rings à chaque fois.

Moi: ...
Eric: HEY SALUT ABI !!!!!!!!!!1111 COMMENT SE PASSE LE PARTY ???????
Abi: C'est le fun.
Moi: ...
Eric: VIENS AVEC NOUS AUTRES AU BAR, ON EST EN TRAIN DE SE FAIRE UNE LIGNÉE DE  SLIPPERY NIPPLES, TU VAS VOIR C'EST VRAIMENT EXCELLENT !!!!!! TU SAIS TU C'EST QUOI DES NIPPLES HEIN TU COMPRENDS CE MOT-LÀ EN ANGLAIS ????
Moi: Eric, Abishek il boit pas.
Eric: HEIN QUOI HEIN BEN NON ABI VIENS-T'EN AVEC NOUS AUTRES !!!!!!!!!!!!!!!! EILLE JACK CHECK ÇA QUI CÉ J'AI PÊCHÉ !!!!

C'est alors qu'Abishek est allé au bar enligner les Slippery Nipples. J'étais un peu inquiète parce qu'il m'a dit que la seule fois qu'il avait bu dans sa vie était une bière la journée de ses 18 ans.

Après deux-trois pointes de pizza de mon côté, ma conscience m'appelait. Fallait que je trouve où était rendu Abishek. Il n'étais plus au bar, ce qui pouvait ou non constituer une bonne nouvelle.

Il n'étais plus sur aucune allée de quilles, ce qui m'a rassurée parce que je suis pas vraiment certaine que son voyage incluait une assurance santé sur un pied cassé, causé par une échappée de boule de bowling.

Il ne semblait pas non plus dans la salle de karaoke, où 4 filles des ressources humaines bronzées avec un chandail bédaine étaient en train de chanter Like a Virgin de Madonna.

Il me restait les toilettes... bon, fallait que je trouve un programmeur à jeun et lui expliquer le problème, et qu'il aille explorer les toilettes remplies d'autres programmeurs malades...

"I REALLY LIKE THE AMERICAS AND MADONNA. SHE IS BIUTIFULLL"

Mais, la voix d'Abishek ? Qui provient de la salle de karaoke ? Oh shit. Oh shit.

Ce n'était pas 4 filles des ressources humaines bronzées en bédaines, mais 3 filles des ressources humaines bronzées en bédaine. Et Abishek, avec un noeud dans son polo déboutonné, dont on lui avait "poppé" le collet, en simili-bédaine, un collier hawaiien avec plein de noeud autour du front.

Il était en train d'enchaîner avec Like a Prayer, bras dessus, bras dessous avec les chicks des RH, les yeux dans la graisse de bine, un sourire et une démarche un peu chancelants... Il était trop tard.

Deux jours plus tard, Abishek était convoqué dans les bureaux des ressources humaines.

Son contrat aux États-Unis était allongé jusqu'à 6 mois, il "fait vraiment du beau travail, est définitivement un joueur d'équipe exceptionnel qui a rapidement su s'adapter au rythme de vie demandant du marché américain".

Yééé.



lundi 29 août 2011

Maman et Papa Bacon en visite



Oui jeune garçon, je te sais désemparé car tu n'as pas eu ta dose de conseils depuis des lustres déjà. Tu sais, la vie dans la Vallée du Silicone n'est pas toujours évidente. L'attrait de la Californie a transformé mon appartement  en joyeuse auberge de jeunesse, où plein de visiteurs parfois déçus ont afflué durant tout l'été. Car plusieurs faits sont souvent inconnus des visiteurs à leur arrivée:

  1. Quand je dis qu'il y a vraiment des geeks partout dans mon coin, c'est qu'il y a vraiment des geeks partout. Plusieurs personnes associent la Californie avec le bronzage, les speedos, les boules en silicone. Parce que ici c'est Silicon Valley à cause de l'informatique, pas à cause de Pamela. Pamela elle est à L.A., ici on se gèle le cul et si tu veux voir des beaux hipsters, faut faire 45 minutes de route vers le Nord à San Francisco, où tu vas très certainement tolérer ta petite laine tellement il fait frette. Ici, c'est comme Ste-Madeleine par rapport à Montréal, sauf qu'au lieu de tentes-roulotte ce sont des piaules à 2,4 millions pour trois chambres à coucher, au lieu de shack à patates ya des shacks à nouilles Ramen et au lieu de personnes peu reluisantes à voir en bédaine l'été... ben... ah ben ça ça change pas. Comparaison boîteuse. 
  2. Oui, je travaille dans la Vallée du Silicone, mais je ne roule pas sur l'or. Tu sais, quand ta chambre avec coloc te coûte 1200$ par mois, tu piles sur ton orgueil pis tu le prends, le communauto, afin d'économiser pour le double impôt Canada-USA que tu devras payer à la fin de l'année. Je me donne quelques mois pour troquer le char de hippie contre une rutilante Tercel 2000 encore toute bien conservée par l'absence d'hiver et le minimum de 10 degrés celsius l'hiver. Puis on s'entend que de se faire nourrir, plus les occasionnelles razzias de fruits, légumes, chips, céréales et lavage chez Google, ça aide dans le budget.
Mais c'est la grosse vie sale sinon.

Mes parents sont allés visiter mon bureau l'autre fois, le soir, alors qu'il fallait aller user de l'imprimante et je leur avais dit de ne pas acheter de collation, on allait passer au bureau.

Maman: Mon dieu, ça a donc ben l'air d'une garderie ici! C'est quoi ces affaires-là ?
Moi: Des fusils Nerfs qui pitchent des affaires en styromousse.
Maman: Pis ça ?
Moi: Une grosse moto du film Tron grandeur nature.
Maman: Pis ça ?
Moi: Un panier de basket-ball.
Maman: Pourquoi vous avez un tas de coussins là dans le coin, avec un gros pot de M&Ms dans le milieu ?
Moi: C'est une salle de réunion.
Maman: Ben là, quand est-ce que vous travaillez ? 
Moi: Ben, tout le temps.
Maman: Je comprends pas. Me semble que c'est dangereux pour toi cet environnement-là. Tu dois être le genre à te bourrer la face de réglisses au lieu d'écouter dans les réunions. Pis à quoi ça sert cette grosse TV là à côté de la table de ping-pong ? Regarder des films au lieu de travailler par exemple !
Moi: C'est pour jouer à Golden Eye 64.

C'était pas vraiment la même ambiance que lorsque j'avais amené Jeune Soeur au bureau. Elle était restée devant le présentoir à jujubes pendant au moins 5 minutes, visiblement indécise, avant de juste ouvrir son sac à dos et accumuler les nouilles Ramen, les peanuts au BBQ, les biscuits Oreo, les Coke Diet... Ya fallut que je lui fasse accroire que le gardien de sécurité allair arriver pour la déspatuler du présentoir.

Moi: Bon, je vais aller faire imprimer les documents là. Prenez un tit coke, je reviens dans pas long. Est-ce que je peux vous laisser à la garderie deux minutes ? 
Maman, visiblement perplexe: Ouin.
Papa, visiblement excité: Oui !!!

Quand je suis revenue, Papa Bacon était en train de se préparer à jouer une partie de ping-pong et se cherchait un partenaire. Malheureusement, je n'étais pas là et les seules autres personnes présentes à part ma mère étaient un vieux couple d'asiatique en train de dévaliser le présentoir à Bagel et à partir avec un pinte de lait à la maison. Les temps sont durs....

Papa: Viens on va jouer une petite game ! Cet endroit est vraiment le fun, tu devrais le mettre comme endroit officiel là !
Moi: De quoi tu parles ?
Papa: Oui, tu le mets comme endroit et je le vois et je clique sur "J'aime".
Moi: Ah, tu veux que je check-in sur Facebook !
Papa: Non non, je veux juste que ça apparaisse sur internet.
Moi: Oui. Okay...

Comme quoi la Vallée du Silicone influence même les baby boomers. Quand on était su Starbucks, ou au Pier 39, ou dans un Mcdo, ou dans une forêt, ou sur l'autoroute, mon père voulait toujours que "je mette l'endroit sur internet". On aurait cru une jeune écolière abusive Facebook qui aime "Les Douches À Deux" et "Si tu aimes les vacances fais Like", sauf que lui c'était pour que son frère voit les endroits qu'il faisait, et non pas pour rendre jalouse toute l'école secondaire et attirer l'attention.

Pendant que je passais un beau moment père-fille à mon milieu de travail la fin de semaine, j'ai aperçu du coin de l'oeil ma mère qui était prudemment en train de dévaliser le comptoir à fruit, en choisissant intelligemment les pêches bientôt mures, puis pour ensuite se diriger vers les comptoir à collation en scrutant les valeurs nutritives. 

Elle aussi, à la fin, redemandait que l'on passe par mon travail avant de partir pour la journée, en se demandant quelle sorte de Glosette elle allait prendre aujourd'hui.







mardi 9 août 2011

Épopée de su le DiMVi

Clientèle typique du DMV Californien.

J'ai découvert ce qu'il y avait de mal aux États-Unis. Non mais c'est vrai, jusqu'à présent, les seules files que j'ai trouvées jusqu'à maintenant pour des services existentiels sont lorsqu'il y a des nouvelles saveurs de Double Double au PFK et que le resto ouvre à 10h.

Faut dire que tout a commencé quand je me suis faite refuser une fois de trop l'entrée dans un bar américain. Si tu as moins de 35 ans, tu vas te faire carter partout: à l'épicerie, au bar, au dépanneur, à n'importe quel endroit situé à moins de 20 mètres d'une bouteille d'alcool. Il y avait un show de nains en thématique de la prohibition; j'ai attendu une heure trente pour y entrer, seulement pour me faire dire que mon permis de conduire québécois avec la date cachée un peu partout en français, qui plie bizarrement en deux, a pas rapport.

C'en était fini pour moi, et pas question que je me promène avec mon passeport et mon visa à longueur de journée (mon visa, pour ceux que ça intéresse, est broché tout croche dans mon passeport et a l'air d'avoir été fait par une dactylo des années 80, et ne représente pas vraiment les milliers de dollars de frais d'avocat qu'il a nécessités). J'ai donc décidé d'obtenir mon permis de conduire américain.

Premièrement, pas question pour les américains de reconnaître les permis de conduire étrangers. Je peux comprendre pour certains pays, genre la Chine où on gagne supposément 50 points à chaque piéton abattu, ou genre au Missouri, on pourrait vouloir un examen de pratique complémentaire pour être certain que tu comprends que tirer les voitures japonaises avec un shotgun sur l'autoroute, c'est pas prudent. Mais non. Ya fallut que je me rende au DMV (Department of Motor Vehicles) et ce fut le début de l'horreur.
  • On dirait que tous les employés qui y travaillent sont, à première vue, ceux qui seraient les plus inaptes à la conduite.
  • Une madame a débroché mon visa de mon passeport en disant "Oups, je voulais juste mieux voir en arrière !". J'ai grincé des dents en espérant qu'elle ne le taponne pas trop, des plans pour que l'encre qu'il y a dessus (parce que c'est fait à la main) ne soit pas dissous par ses doigts gras et son reste de Twinkie sur le coin de son bureau.
  • J'ai passé mon examen écrit de conduite dans un semi-isoloir, entre une ado de 16 ans qui textait visiblement ses bffs pour avoir des réponses, et un vieux monsieur dont la vue était tellement mauvaise qu'il a du se faire lire les questions à voix haute. Était présent aussi un jeune ado avec un chandail x-large, dont l'image semblait faite avec Microsoft Paint et semblait aussi représenter son ami décédé Pablo, parce que c'était écrit sur le t-shirt RIP Pablo 1987-2011, avec des photos de lui et un paquet d'enfants sur le devant, et l'inscription "Revenge" en Times New Roman en arrière, un revolver et une rose. Pablo Lover a passé la limite de 3 essais par jour pour passer l'examen écrit, et a échoué les 3 fois. Il a commencé à sacrer après la commis à la correction qui avait de la misère à comprendre l'anglais, puis a quitté le DMV aussi dignement que son fond de culottes à terre le lui permettait. C'est à ce moment-là que je me demande si le monde respecte vraiment l'affiche "No guns allowed inside" postée à l'entrée du bâtiment.
  • Les questions sont relativement stupides. J'étais stressée parce que je sais pas vraiment c'est quoi un pied ou alors un mille ou encore les limites de vitesse dans les zones scolaires vite vite demême. Je savais pas grand chose en fait. Heureusement, voici un échantillon de question:
    • La voiture devant vous dans votre voie roule beaucoup plus lentement que la limite permise. Vous devriez:
      • A. Klaxonner à répétition pour faire réaliser au conducteur qu'il ne roule pas assez vite.
      • B. Diminuer rapidement la distance entre vous et cette voiture afin que le conducteur accélère lorsqu'il vous voit dans son rétroviseur.
      • C. Commencer une manoeuvre sécuritaire de dépassement par la gauche si la signalisation le permet.
  • Donc sans blague, quand tu as besoin de plusieurs essais par jour pour passer le test écrit, je me demande à quel point il faudrait peut-être que tu restes avec l'autobus. C'était aussi l'avis de la mère d'un jeune ado chétif avec des bas dans ses sandales, qui a échoué le test et qui s'est faite passer un savon devant la salle d'attente entière, se faisant dire qu'il ne touchera plus jamais à la BMW de son père.
Finalement, j'ai obtenu mon permis de conduire temporaire. Bravo ! J'ai seulement raté une question sur une traverse de piétons et un aveugle. Rien de trop alarmant. Je peux maintenant conduire une voiture sans autre passager qu'un conducteur expérimenté assis dans le siège avant, et j'ai aussi un couvre-feu à 9h. Pas le droit de conduire après, parce que c'est là que je pourrais faire des choses folles, comme boire de la Coors Light en conduisant, frapper des personnes âgées avec mon véhicule ou regarder mon Remote Guild Chat sur mon app World of Warcraft sur iPhone en conduisant. Je me sens comme une jeune ado fringante qui vient de s'acheter sa première Civic hatchback 1997 deux heures après l'obtention de mon permis. 


vendredi 15 juillet 2011

Pis, comment va ton Segway ?


Lorsque je suis passée devant le terrain de kick-ball hier soir en revenant du boulot, j’ai été assez déçue. Il semble que la ligue perd de l’élan, et il ne restait que 3-4 stagiaires asiatiques en train de siroter leur Coors Light avec une face mi-figue mi-raisin, espérant peut-être toujours la venue de hot geekettes ouvertes à de nouvelles expériences. Il semble que malgré les promesses du site internet de la ligue, le sexe, balls & rock’n roll n’a peut-être pas eu lieu, et la seule chose qui semble avoir approché l’entre-jambe de ces survivants est malheureusement un ballon de caoutchouc arrivant à toute vitesse.

Il faut dire que malgré tout, la coordination œil-pied n’est pas donnée à tout le monde, surtout quand tu as grandi en passant 18 heures sur 24 à entretenir ton site Geocities.

Ce qu’il faudrait, c’est un sport où la coordination n’a pas vraiment d’importance, où le poids fait toute la différence et où la vitesse n’est pas déterminée par la force des jambes… hmm… peut-être que…

avoir une immense énergie cinétique n'aura jamais été aussi avantageux.

Le Segway Polo ??!!

Ben oui, quand on y pense, l’énergie cinétique est déterminée entre autres par la masse et la vitesse… En résumé, selon le site internet Bay Area Segway Enthusiasts Group (oui, moi aussi j’ai été surprise à l’idée que les segways avaient encore des fans depuis 2004… faut dire qu’après avoir acheté la machine, tu veux rentabiliser l’investissement…), tu tapes sur une balle avec un bâton (non non, panique pas, c’est la seule chose physique que tu dois faire…) tu fonces dans du monde et ensuite tu essaies de faire rentrer la balle dans un but. C’est tellement cool, que le co-fondateur d’Apple, Steve Wozniak, organise à chaque année le tournoi international The Woz.


Ça a l’air aussi big que le Quidditch su la Vallée du Silicone. Puis ya différents modèles de Segway aussi, tu peux changer les pneus, avoir plus de « grip »… Mais tsé, imagine que tu vois un gros roux sans trop de coordination arriver à toute vitesse sur son segway vers toi, t’as ben beau avoir un casque de bicyclette sur la tête, la physique indique que t’es mieux d’avoir un delta maximum de 25 livres avec ton adversaire.

Sinon, tu vas la trouver rough d’essayer de travailler sur ta start-up révolutionnaire « ça va être plusse big que Facebook, crisse » dans le sous-sol de chez ta mère, quand tout ce que tu peux faire c’est essayer de boire le crémage d’un Jos. Louis avec une paille.

dimanche 10 juillet 2011

4 juillet, yééé !



Bonjour à tous, geeks et moins geeks. Le 4 juillet, aux États-Unis, c'est comme la St-Jean-Baptiste, mais pas pareil. Au Québec, on voit rarement des filles avec des souliers plate-forme à l'effigie du drapeau du Québec, ou encore des garçons en habit de lycra bleu et blanc, ou avec un g-string fleur-de-lysé. Aux États-Unis, c'est pas pareil. Le patriotisme, c'est ici que ça été inventé, "et t'es mieux de pas rire de nous autres là-dessus, maudite voleuse de job. Tu devrais être fière de travailler dans le meilleur pays du monde." (et je cite).

Lors du 4 juillet, les kiosques plus ou moins légaux de feux d'artifices sont comme les boutons d'acné d'un jeune geek prébupère: yen pousse partout, et yen a même à des endroits inusités (à côté d'un service à l'auto d'un McDo, par exemple, question de pas passer à côté de ton double filet de poisson du même coup).

Je me trouvais donc dans le stationnement du McDo avec quelques jeunes geeks sympathiques, quand je devins toute énervée à la vue du kiosque de feux d'artifice, qui avait l'air d'un shack à patates de Tadoussac coiffé de barbelés, avec plusieurs personnes vêtues de camisoles blanches/jaunies, de tattoos à l'effigie de Jésus sur un bras et une tête de mort sur l'autre, faisant la file devant cette cage appelant au patriotisme, donc à l'explosion de feux d'artifices à 30% de rabais.

-Moi: Caline, j'aimerais ça pouvoir faire sauter des feux d'artifices. Je me souviens que j'en ai fait sauter quand j'avais 16 ans en Floride dans une toilette chimique, puis la moitié a fondu. C'était un beau moment.
-Jeune garçon: Les feux d'artifices c'est dangereux. Je pense pas qu'on soit équipés pour faire exploser ça.
-Moi: C'est quoi l'équipement ?
-Jeune garçon: Ben, de la protection, mon cousin s'est brûlé un sourcil une fois avec ça.
-Moi: Je vais te passer mes Ray-bans, pis tu déplieras tes bas, ça va faire la job. C'est où qu'ils font exploser ça, les feux ?
-Jeune garçon: Ben, tu peux les faire sauter partout.
-Moi: Hein? Genre, dans ma cour arrière ?
-Jeune garçon: Ben oui.
-Moi: Vous avez pas des problèmes de feux de forêt, ici, en Californie ? J'te crois pas. Je vais aller demander à la police, là.

Un policier en moto était en train de déguster un trio Big Mac d'une main, de dos, à cheval sur son véhicule, et pianotait sur son iPhone de l'autre.

-Jeune Garçon: Eille, t'es pas au Canada icitte, on parle pas à la police demême sans raison !!! Il pourrait penser que t'es mexicaine pis te tirer!!!
-Moi: Stune joke là ? Scusez ! J'ai une question sur une loi Californienne à vous poser.

À ce moment, il s'est retourné, et j'ai vu sa grosse moustache brune, ses lunettes d'aviateur, et son pas de sourire. Mon dieu, Tom Selleck était en train de faire un check-in au McDo.

-Police: On dit "Officer", young lady.
-Moi: "Officeur".
-Police: Non, non: "J'ai une question à vous poser, Officer".
-Moi:...
-Police:...
-Jeune garçon:................................
-Moi:...... J'ai une question à vous poser, Officeur.
-Police: (finit plus ou moins de mastiquer son Big Mac): Ouais.
-Moi: C'est quoi les lois en ce qui a trait aux feux d'artifices ? Où cé qu'on a le droit de faire exploser ça.
-Police: N'importe où.
-Moi: Dans un stationnement de Wal-Mart ?
-Police: Un qui n'est pas ouvert 24 heures, oui.
-Moi: Genre, ici, maintenant ?
-Police: Tu t'arranges pour pas que ça soit dangereux, oui.
-Moi: Dans un stationnement d'école catholique ?
-Police: Écoute, young lady, j'sais pas trop d'où cé qui vient ton fancy accent européen là, mais ici on est en Amérique. On s'est battu pour notre indépendance et nos droits, et le 4 juillet, tu peux ben faire exploser tes feux d'artifices où tu veux.
-Jeune Garçon:(en chuchotant) Arrête de l'écoeurer là, laisse-le finir son burger.
-Moi: Ah, merci Officeur.

Ensuite on s'est dirigé vers le kiosque de feu d'artifices. J'avais déjà en tête un magnifique pestacle à max 20$ que j'allais mettre en oeuvre dans le stationnement de Google, avec mon abricot brandy sour et ma chaise longue, pendant que jeune garçon allait programmer un logiciel qui allait allumer les feux à distance.

-Moi: Allô, on connait pas ça les feux d'artifices, on aimerait quelque chose qui pète pis qui est cheap. Celui à 4 dollars là, le jaune...
-Vendeur:... Le Golden Shower...
-Moi:.... euh... hein ? Ouin. Ça là, ça fait quoi comme explosion ?
-Vendeur: Des tites flammèches avec des boules jaunes.
-Moi: Okay, et le Sky TNT machin ?
-Vendeur: Des tites flammèches avec des boules bleues.
-Moi: Pis si je veux un peu plus que des tites flammèches et des noms obscènes ?
-Vendeur: On a le Sky TNT Plus à 27.99$. Lui y va loin dans les airs, pis BAM!
-Moi: Caline, c'est ben cher pour avoir des émotions.
-Vendeur: Ben là, c'est pour financer notre église. C'est une bonne cause !
-Moi:...
-Vendeur: attends... check... notre pasteur est juste là... John !
-John:... Hé ben, allô young lady !
-Moi: ...allo.
-John: Quoi de mieux que le 4 juillet pour célébrer l'indépendance ! God Bless Americaaa ! Tiens, vlà un pamphlet, j'espère qu'on va pouvoir vous voir à la messe ce dimanche, votre accent me dit que vous avez peut-être besoin d'un peu d'aide avec votre arrivée dans la région ?
-Moi:... euh... je vais prendre le Mix Pack là... le petit à 20$.
-Vendeur: Oui, mais ya seulement un Golden Shower dedans.
-Moi: Je pense que c'est le genre de chose que tu fais une fois, pis après t'en a en masse. Je vais être correcte. Merci. Avez-vous des allumettes ?

mardi 21 juin 2011

Une sortie à la plage, jeune garçon?

Après une longue semaine su ta compagnie de start-up qui est toujours aussi loin de son but de "devenir le nouveau youtube" (dans tes rêves jeune garçon), à rester enfermé dans un appartement deux pièces, à manger des pop-tarts dévalisées chez la compagnie high-tech du coin matin-midi-soir avec ton salaire de crève faim, te faisant même regretter le temps où tu travaillais au Mcdo de su Wal-Mart, "au-cas-où-on-irait-en-bourse-je-pourrais-m'acheter-une-décapotable-et-avoir-cette-chirurgie-de-réduction-mammaire-masculine", tu te dis qu'il serait peut-être le temps de sortir du bureau, de partir loin de toutes ces parties de Golden Eye 64 improductives, de quitter ton "fondateur" et son PhD en biologie marine (mais il a tellement de bonnes idées), pour ensuite aller à LA PLAGE.

C'est vrai, à quoi bon être su la Vallée du Silicone, être su la Californie, faut aller à la plage ! Profiter du soleil ! (en plus, tu as vu que la jeune fille des ressources humaines avait dit "attending" à un événement de volley-ball de plage... toi aussi, tu pourrais aimer le volley-ball de plage, ça pourrait être un adon !!! Elle se doutera certainement pas que ton cross-eyes est dû à un accident de volley-ball de gymnase en 1997 à la suite d'une dispute sur Star Wars. Elle ne le saura jamais. Et ce sera enfin le moment de porter le nouveau maillot de bain à motifs 3d de Green Lantern et ton t-shirt interactif. Maillot de bain, parachute, blanc bonnet, bonnet blanc.)

Alors, oui, la plage. En fin de semaine, Simili-Bacon est allée se faire chauffer la peau de rousse à Santa Cruz, CA. On t'explique pourquoi c'est la meilleure place pour aller faire du tourisme de geek.

Le Giant Dippeur


Le giant dippeur est une montagne russe faite entièrement de bois, construite en 1924, qui surplombe le boardwalk de Santa Cruz. Ce qui est vraiment intéressant avec ce manège, c'est que pour seulement 5$, tu es trop préoccupé à voir filer ta vie devant tes yeux et te demandant si la structure va tenir pour penser à tous les frais de chiropratique qui seront requis à la fin de cette minute d'adrénaline. Chaque tournant est comme un coup de bâton de baseball dans ton dos (mais un coup datant de 1924, quand même), mais ce qui vaut la peine, c'est que ça brasse tellement là-dedans et qu'on est tout pognés, que ya des bonnes chances que tu te retrouves avec la boule d'une cougar divorcée blonde (ou la gosse d'un motard avec un t-shirt d'une danseuse érotique écrit "I support Single Moms") dans ta main à tout moment.

Chance d'un contact corporel: 4.5/5
Pour pimenter l'activité: Vous essayerez de faire un check-in sur Facebook su votre iPhone après le premier tournant. Simili-Bacon n'est pas responsable de votre oeil au beurre noir causé par le coup de poing sur la gueule donné par l'ado à palette drette qui a reçu votre téléphone en plein entre le pinch et la calotte Ed Hardy.

La Nourriture


Simili-Bacon, appréciant son sac de Kettle-Corn format enfant pendant que des jeunes américains sont traumatisés soit par quelqu'un qui vomit en sortant du giant dippeur ou soit quelqu'un qui mange une pomme.

La nourriture à la Plage de Santa Cruz est une pure aventure sensorielle. Toutes nos connaissances préalables sur la nourriture frite sont envolées devant tant d'innovation culinaire. On y trouve notamment:
  • Des Oreos frits
  • Des pogos fabriqués devant nous: on choisit notre saucisse, notre type de friture, pendant qu'un monsieur le fait frire selon notre désir dans une friteuse transparente
  • Des funnel cakes, qui ressemble à un cerveau frit sur lequel on ajoute de la crème fouettée, du chocolat et de la crème glacée
  • Des gâteaux au fromage frits.
Les bouchées de gâteau au fromage frites, qui sont un mélange de poulet popcorn du PFK et d'AVC.

Chance d'un contact corporel: 1/5 (lors d'une bousculade devant un kiosque de vente de pretzels jumbos)
Pour pimenter l'activité: Demander un pogo. Choisir votre saucisse. Regarder le monsieur la tremper dans la panure. La manger directe demême sans la faire frire. L'odeur de la graisse à l'état pur risque fort d'attirer une jeune femme ayant les mêmes intérêts avec un chandail "Someone visited Tampa Bay and all I got was this lousy T-Shirt" de grandeur considérable.

La Plage


Oui, la plage. Cette plage est parfaite pour les geeks, car elle est parsemée de plusieurs éléments familiers.
  • Autres geeks de la Vallée du Silicone à la peau ultra sensible, avec leurs sandales brunes à velcro, leurs shorts cargo et leurs lunettes de myopie dont les verres s'ajustent au soleil
  • Mexicains à moustache douce
  • Gars étranges qui prennent des photos des quelques filles en bikini avec leur gigantesque objectif
  • Des maillots de bain avec des jupettes.

Chance d'un contact corporel: 3/5 (un accident peut toujours arriver)
Pour pimenter l'activité: Ôter son gilet en public. (ce n'est pas tout) et écrire les 15 premières décimales de Pi avec de la crème solaire sur le chest. Regarder les filles s'éloigner en courant. Aller au bureau sans gilet le lundi.

jeudi 9 juin 2011

À vos marques, Food truck party

Ma Jeune Soeur étant repartie vers des contrées plus francophones ("J'espère qu'on va encore avoir la Gate G6 à Minneapolis... Like a G6, now I'm feeling so fly like a G6... tsé, c'est hot"), je peux vous tenir au courant des derniers événements de su la Californie.

Ma photo: un food truck party.

Je suis allée lundi soir dernier dans rassemblement de Food Trucks. C'est un genre d'événement totalement illégal où plein de camions vendant de la nourriture différente se rassemblent dans un stationnement de centre d'achat désaffecté. Le centre d'achat est au milieu de nulle part, et les deux seuls commercent qui restent sont un magasin d'alcool et un nettoyeur. On m'a expliqué que la ruelle à côté était la "ruelle à meutres", où souvent le soir les gangs de rue allaient régler leurs compte et après s'acheter une bouteille de gin, ce qui fait en sorte que le rassemblement de camion à bouffe se termine à la noirceur. À ce moment-là j'ai décidé de faire le signe de West Side en racontant mes mésaventures dans cette ville appelée Laval au Canada, mais je ne vous mentirai pas, ce ne fut pas un franc succès.

Au rassemblement de food trucks, les gens amènent leurs chaises de camping, leur Coors Light et achètent au moins 5 burritos de nationalité différentes, et bouffent ça en riant fort, pendant que leurs enfants courent partout. C'est comme un pique-nique, sauf qu'il n'y a pas de gazon, et des seringues et de condoms usés qui traînent un peu partout.

Quand t'es pas trop difficile, tu fais comme moi, tu passes par-dessus l'itinérant qui traîne par terre et tu choisis un truck au hasard. Moi j'ai choisi le truc Hawaiien, parce que c'était écrit "The best chicken you ever had". Moi, je suis en sevrage de St-Hubert depuis au moins 3 mois, donc la stratégie marketing est vraiment venue me chercher.

Un gros monsieur hawaiien avec une moustache douce noire (on dirait que l'un va pas sans l'autre) a pris ma commande de poulet spécial food truck aux ananas. Je me léchais les babines en lui regardant le bourrelet de derrière de tête, pendant que des petits gros avec des pantalons adidas à snap et des t-shirts des États-Unis courraient autour de moi. Le "cuisinier" s'est retourné et m'a donné deux pilons de poulet, semblant sortir tout droit du PFK, en me demandant si je voulais de la sauce. J'ai répondu okay, il a repris mon poulet, a sorti une bouteille de sauce "Pinapple" de su Safeway, a littéralement noyé mes pilons de poulet fris avec, et j'ai un peu vomi dans ma bouche.

J'ai crissé mon camp avec mon best chicken ever, plus pauvre de 3$. J'ai pris une bouchée, et j'ai donné mon reste à un geek avide de sensations fortes.

Puis après, j'ai vu le truck de tacos faits à partir de BBQ Coréen... peut-être que...

mercredi 13 avril 2011

Le soir tard, je vous fais des petites confidences.

C'est une autre façon tout aussi valable que les mots pour exprimer tes émotions.


Bon, j'ai le goût de me vider le coeur, jeune garçon. Non, c'est pas le temps de faire des jokes de ventricules exposées à la lumière du jour, j'aime pas ça quand tu fais ça dans des moments inappropriés. On en a parlé.

Ça fait plus d'un mois que je suis dans la Vallée du Silicone et je dois vous avouer que je commence à avoir des comportements inquiétants. Le soir avec le too much d'accents indiens et russes que j'entends durant la journée, j'ai comme le cerveau en compote. Ça été spécialement ardu récemment parce qu'on s'entend que c'était la coupe du monde de cricket (ah ouais ? ben moi non plus) et que le 3/4 du bureau était vraiment vraiment excité. Tu sais-tu c'est quoi le cricket, jeune garçon ? Non non, perds pas ta page de porn de Samantha Ardente pour googler ça, ça vaut pas la peine. C'est pas grave.

Partout, au bureau, dans le 5 à 7 pizza gratuit du mercredi (oooh, c'est bientôt !), dans la ligne en attendant le poulet chipotle le midi, entre deux réunions, ça faisait juste se remuer la moustache et parler de cricket.

On peut aussi regarder les matchs live su la tévé du bureau. Yéééé.

Avec tout ça je dois avouer qu'au lieu de faire de l'introspection personnelle et apprendre un nouveau langage ou encore les règles du cricket, je me retrouve le soir complètement brûlée et à chercher du réconfort dans les livres de Marie Laberge.