mercredi 30 mars 2011

Excitation, bacon et chandails de quilles

On dirait que quelqu'un a entendu ma prière, énoncée sous forme de billet de bloye hier soir. Vous vous souvenez, les léotard et le bacon ? Et bien, mes voeux ont été exaucés.

Faut dire que la journée avait vraiment bien commencé. J'étais en t-shirt à la gare de train, j'avais redirigé 2-3 orphelins vers l'université Stanfeurd d'une main alors que j'expliquais l'horaire du train express de l'autre à une pakistanaise âgée, vraiment lôôôôcale la fille. Bientôt, je pense qu'on va me demander d'être porte-parole pour les produits du terroir, genre du vin de piètre qualité vendu dans les épiceries 24h. Puis aussi la température s'améliore. Je t'en ai pas parlé jeune garçon parce que pour toi jouer aux jeux vidéos dans ton sous-sol, qu'il pleuve ou non, ça ne change pas le rythme auquel ton mage nécromancien niveau 17 évolue, ni la quantité de tivi dinneur dans le frigo de chez tes parents. Mais ça faisait deux semaines qu'il pleuvait à peu près à chaque jour ici, et je commençais vraiment à en vouloir au David Hasselhoff des belles années, avec ses fausses idées californiennes. (parlant de David Hasselhoff, en cherchant comment son nom s'écrit, j'ai trouvé ce magnifique vidéo: David soûl mange du Wendy's)

De plus, avec mes ray-bans contre-façon style bosniaque, j'avais aussi préalablement résolu les problèmes psychologiques d'une jeune geek un peu perdue, diplômée d'une université reconnue, qui cherchait un moyen de pouvoir se soustraire des cours d'arrangement floraux forcés par sa mère, afin qu'elle se trouve un mari. Vous voyez, elle voulait faire des cours d'équitation à la place, mais ses parents trouvaient ça trop wild... Je lui ai dit Go for it, on ne vit qu'une fois. Puis c'est pas avec des cours d'arrangements floraux que tu vas te trouver un mari, mais plutôt si tu raffermis tes fesses à grands coups de trot à dos de pouliche pur-sang du nom de Sendy. Après je me suis rendue compte que c'était peut-être un peu fort comme commentaire. J'ai reformulé ma phrase, mettant la précédente phrase maladroite sur le dos du "French-Canadian".

(Ce qui est vraiment cool avec le fait de publiciser mes origines, c'est que je peux faire répéter n'importe qui sans me faire sentir mal. Je fais juste répéter un mot de la phrase en disant, sorry, I don't understand what the word "bizarre" means. he he he.)

Donc c'est ça, la journée commençait bien. Jusqu'à ce que j'arrive au travail, et qu'il y avait déjà une file qui se formait près de mon bureau. Mon bureau est situé près du chariot à junk et des tables à buffet, mais bon, c'était pas encore l'heure du lunch (brunch). Déjà la catégorie "A" des gens du bureau commençait à s'accumuler près des buffet. Voici un croquis des gens de la catégorie A:

Les gens de la catégorie A sont ceux qui habituellement portent la chemise de quilles, et leurs mets préférés du chariot à junk sont : le beef jerky, la gomme trident (des fois après une longue soirée de Starcraft on passe tout droit le matin et on néglige son haleine) et les nachos au fromage. La catégorie A a aussi souvent un enfant d'un mariage précédent.

Mais bientôt, je vis (au passé simple) ce qui suscitait tant de frénésie :

Ma photo: bacon à volonté presque vide

Alors, je me suis garochée dans la file moi aussi, à parler de garde partagée et de bowling cosmique, et j'ai mangé le deuxième meilleur bacon de l'univers. Après celui que je me fais moi-même, bien sûr (pas au micro-ondes, là! La vraie affaire). Plusieurs témoins pourront vous le dire.

Vive le mercredi une semaine sur trois. Je salive déjà au mois prochain.

mardi 29 mars 2011

Vierge de Bacon américain

ENFIN.

Le jour tant attendu arriva. Ça faisait trois fins de semaine que j'étais arrivée en Californie, et je n'avais pas encore mangé de bacon. On m'avait dit les choses les plus affreuses sur le bacon américain. Genre, il goûte le plastique avec un arrière-goût de sécrétions. Je me suis dit que j'allais laisser la chance au coureur.

Il faut dire que ce dimanche matin était tout à fait propice à un déjeuner cochon. J'avais eu une soirée assez arrosée le samedi soir, où je suis sortie dans un bar où il y avait :

  • des pirates gonflables
  • des drag queens personnifiant Samantha Fox
  • des vrais drinks. C'est à dire deux onces de vodka et un once de jus de canneberge. Nous on ne s'attend pas à ça au Québec.
  • un gros DJ roux qui faisait des mix avec Katy Perry et la toune des Pokémon, pour ne nommer que cela.
  • Des douche qui portent encore deux polos un par-dessus l'autre avec le collet poppé (non mais! On est dans la capitale des Ray-Ban et ya des douche qui survivent... les hipsters sont trop pacifiques)
Je ne m'attendais pas vraiment à cela. En fait, j'ai été surprise parce que pour se rendre au bar, on suivait une troupeau de jeunes semi-prépubères avec embonpoint plutôt slutty, dont une qui portait un leotard avec des f*ck-me boots. Pour ceux qui savent pas c'est quoi un leotard (ou un justaucorps, en français), voici un support visuel :


Jeune garçon, un leotard c'est le truc noir serré au corps. Imagine donc un troupeau de filles portant le leotard et... Quoi, il faut que tu t'absentes aux toilettes quelques instants jeune garçon? Bon, ok, continuons sans toi alors. 

(En passant ma photo vient de wikipédia, et vraiment, M. Wiki aurait pu choisir autre chose.)

Finalement le troupeau en chaleur est parti dans un autre bar où il y avait des cages, des poteaux et les meilleurs succès de Sean-ah Paul, tandis qu'on a continué notre chemin dans le bar normal où on se déhanche sur des mash-ups de Britney et Metallica. Grosse soirée.

Le lendemain matin, plutôt le lendemain après-midi, l'appel du bacon se faisait sentir. Il devenait plus insistant que le mal de tête. Je me rappelais les sages paroles de mon entourage avant mon départ :"Tu devrais pas quitter le Québec, le bacon là-bas il goûte le kak". Ce n'est pas grave, je m'essaie. On va donc au diner le plus proche. En passant, moi quand je pense à diner américain (quel bel emploi de l'italique, me direz-vous), je pense à ça :

album classique que mes parents chérissaient dans le salon, avant qu'on vienne tout chambouler leur routine avec nos albums de Summer is Magic et Céline Dion : Live à Paris (avec Mégo son chef d'orchestre)

... et j'ai tout à fait raison. En fait il manquait juste les patins à roulettes. On nous a servi un beau déjeuner et un milkshake aux fraises. J'ai eu le temps de prendre en photo la si mince quantité de beurre sur mes toasts aussi :


Heureusement que mon coloc trouvait qu'il n'avait pas assez de beurre sur les siennes et a gratté mon surplus assidûment avec son couteau, avec un empressement/désir assez impressionnants dans son regard. Et oui, pour répondre à la question, une chose est certaine, manger du bacon aux États-Unis c'est comme mâcher un sac Ziploc très très longtemps. Je vais attendre avant de généraliser, bien sûr (en me lisant vous savez déjà sûrement que je ne suis pas su genre vite sur les jugements, moi!)(...), et je vais faire de la conquête du bacon perdu ma mission principale.

D'ailleurs, ça commence dès demain, parce qu'au bureau c'est Breakfast for Lunch. Non non, j'ai pas dit brunch, mais breakfast for lunch. Je vous en reparle.

lundi 28 mars 2011

Histoires de bouffe lôôôcale

La veste en jeans, le regard vide, c'est carrément moi à cet âge.

Tu sais, cher lecteur, tu te demandes peut-être pourquoi je parle toujours de junk su mon blogue. Je crois que c'est le temps que je t'explique ma relation très proche avec la junk. Ensuite, on va être plusse proche toi et moi.

Quand j'ai eu 13 ans, mon père m'a amenée su l'orthodontiste avoir des appareils dentaires. Tsé, ceux old school, qu'il fallait que tu dévisse à chaque semaine pour "agrandir" ton palet, ou autre truc un peu sketchy du genre. Moi ça me stressait pas trop, je me disais que ça n'allait pas changer grand chose à ma vie de nouvelle adolescente. Tout ce qui ne risquait pas de retarder l'apparition de ma poitrine (étant ma seule obsession de l'époque) n'était qu'accessoire. L'orthodontiste m'a crissé ça dans la yeule, et j'ai automatiquement commencé à avoir un débit de bave extraordinaire, dont le surplus allait dès lors sur mon chandail ou dans le visage des gens.

Je n'étais plus très très sûre. Mais bon, mon père m'a rassurée, regarde AAB, l'orthodontiste a même dit que tu pouvais manger avec ! Oooh ! Aucun problème en vue, hormis le postillonnage incessant et le (peu) subtil problème de diction qui y étaient associés. Papa m'a donc amenée au Mcdonald's pour célébrer ça (et pour évacuer tout soupçon jusqu'au moins le moment où il allait me dropper à l'école).

J'ai mangé un trio Big Mac avec extra poutine (à 13 ans j'étais convaincue que si je bouffais assez j'allais grossir, et que si je grossissais ma poitrine allait suivre) avec mes appareils, et la moitié de la bouffe est bien sûr restée pognée dedans. Mais bon, l'orthodontiste m'a dit que ça se pouvait que quelques résidus restent accrochés dans mon appareil. Ha ha, résidus, oui oui, oh docteur...

L'après-midi, quand mon père a terminé son shift de père momentanément et m'a laissée dans la jungle du secondaire en crissant les pneus et se doutant un peu mieux que moi ce qui m'attendait, j'ai compris que la junk et moi, ce serait pour la vie.

Oui, car il n'y a rien de plus rassurant, quand tu passes tout l'après-midi à cracher dans le visage des autres boutonneux, et à même te faire écoeurer par le petit gros roux et par la gang qui joue aux cartes Magic entre deux parties de ping pong, que de fouiller dans ton palet et y trouver un bout de fromage en crotte et un bout de viande hachée entre deux bouts de métal. Je vous le dis.

Donc dorénavant, quand je vais vous dire, Yéé, c'est lundi, le stock de beef jerky sur le chariot de junk à côté de mon bureau est renouvelé, vous allez faire OOooh, c'est ben le fun !

samedi 26 mars 2011

Les orphelins


-Qu'est-ce que vous faites ce soir?
-On va chiller su Google.
-Ah oui? Pourquoi?
-Ben parce que ya un tournoi de billard et de babyfoot.
-Mais t'as travaillé là toute la semaine!
-Oui mais j'ai pas bu de bière et joué au billard et été dans la glissade géante.
-Ok. Je peux tu venir avec vous? Ça se peut que je passe 45 minutes sur la chaise à massage en m'empiffrant de popcorn au caramel, mais c'est pas pour être impolie.
-Ok, mais là cette fois-ci que je ne te prenne pas à jeter ton 6e berlingot de lait au chocolat dans la poubelle. Ya seulement 6 sortes de contenants de recyclage ici, c'est pas si compliqué que ça pourtant.

La prise en main par les compagnies de la région est assez impressionnante. Il faut dire que tout le monde est simili-orphelin ici. Des prodiges de l'informatique ont quitté la Côte Est, l'Inde ou encore leur Texas natal pour aller étudier à Stanford ou à Berkeley, pour ensuite se trouver une job dans ce coin-ci, parce que le Texas et l'informatique, disons que c'est pas aussi émoustillant. Leurs blondes, leurs familles, tout ce qu'ils connaissent sont à l'autre bout du pays, voir du monde.

On voit donc des situations inhabituelles :
-Des familles de 7 qui vont dévaliser les garde-manger de junk food et de fruits le soir venu, et qui emportent des restes de souper gratuit dans des plats tupperware. (ok c'est pas SI inhabituel pour moi, mais c'est à cause que le poulet parmesan était vraiment bon mardi)(et pour jeudi, ben des hot-dogs au micro-ondes, c'est bon au goût)(...)
-Des discussions animées entre employés originaires du Texas propriétaires de Prius: Pour ou contre le fait de pouvoir apporter des armes au bureau.
-Arnold Schwarzenegger en politique, c'est pas une joke.
-TOUT LE MONDE est smatt ici. Quelqu'un te fonce dedans, il s'excuse. Quand tu croises une femme au foyer qui fait du rollerblade avec des sourcils dessinés au crayon et que tu fais une face bizarre en la voyant, elle va te dire allô pareil. Quand au sushi day au travail il ne reste qu'un sushi californien, la personne en avant de toi te propose toujours si tu le veux. J'ai tant à apprendre.
-Des gens qui font des tournois de Starcraft au bureau jusqu'à très très tard la nuit, en se bourrant la face de starbursts.
-Aucune mention de religion n'est faite dans aucun cas. Souvent agnostique, le geek moyen peut parfois provenir d'un milieu très religieux mais c'est pas grave. Personne le montre et personne n'en parle. On garde ça su chez nous. Pas de jokes de Jésus, de bébé mort ou de Cédrika ici.

jeudi 24 mars 2011

Travailler su Google c'est mieux que ma job et ta job réunies

Bon ça c'est pas nouveau, c'est standard partout dans les compagnies techno.

Bon, chers amis, on pensait tous qu'on avait la job de rêve parce qu'on a du café espresso à 75 cennes, n'est-ce pas ? Ben VOUS pensez ça, là, moi j'ai du café gratuit et des drinks alcoolisés à chaque mercredi, mais je travaille fort pour créer un sentiment de proximité avec mes 4 lecteurs.

Et bien ça c'est avant que je vous fasse revivre ma visite de su Google, ou Gougeul. Ya quelques trucs standards qu'on semble voir d'une compagnie de geeks à l'autre, c'est-à-dire des fruits, des repas, des t-shirts, une prise en charge relative de ton mode de vie afin que tu passes le plus de temps possible au travail.



Mais su Google, ça atteint un autre niveau. Un ami qui y travaille a eu la gentillesse de me faire la visite du QG de sa compagnie. À l'entrée de chaque bâtiment, il y a des vélos de hipster avec une vitesse et des freins à pédale pour que tu te balades sur le campus. Il manque juste les sièges banane. Pis si tu fais de l'embonpoint ou encore comme certaines personnes d'origine croate geek tu n'as appris à faire du vélo qu'après l'âge de 14 ans, tu peux utiliser des mobilettes électriques, mais j'avais pas le droit, parce que j'étais une étrange avec un accent et qu'il faut avoir une carte d'accès de su Google. Mais je compte bien utiliser mon charme et dire des mots tels C++ et Android, Lady Gaga et aussi Internet afin de remédier à cela lors de ma prochaine visite. Pis les cartes d'accès là-bas sont en hologramme 3d. Euh, moi aussi SVP. Le 3d ça grossit les poitrines je suis pas mal sûre.

Donc ce qui frappe à l'entrée de chaque bâtiment ce n'est pas la quantité de roux imposante, oui ça marque, parce qu'il en avait toujours 2-3 qui jouaient aux échiquiers géants (...), mais c'est surtout la présence de buanderies. Google s'occupe de ton lavage, alors c'est comme si tu avais jamais quitté le domicile familial. Ton t-shirt sur lequel il est inscrit Google Dance 2005 est donc entre de bonnes mains. Et aussi à moins de 200 pieds de chaque employé il y a une cuisine avec plein de bouffe SANTÉ. Si tu veux de la crap, mettons des biscuits au chipits arc-en-ciel, faut que tu payes 1$ par gramme de gras trans dans ta collation. Sinon tu peux prendre du popcorn de hippie et des chips cuites au four, et des pommes et d'autres trucs pour les gens qui surveillent leur poids... (me semble que je file politiquement correcte, aujourd'hui). Ya aussi plein de cafétérias. Et c'est ouvert à tous, donc sur l'heure du souper du vois plein de familles indiennes qui ont amené leurs 7 enfants, les grands-parents et la belle-soeur, et ils sont tous là à grignoter leur burritos, et c'est cute. Puis pour digérer, l'après-midi, pourquoi ne pas se faire faire un massage gratuit à volonté.


Ya aussi plein de trucs de hippie créatifs. Tu as le goût de coder avec ton Mac dans une piscine à balles de plastique comme au Burger King ? Ben tu peux ! Pis en plus t'es presque certain de ne pas trouver de seringues à l'intérieur. Même aller aux toilettes est une expérience tellement enrichissante, à cause des sièges chauffants. Fallait y penser.

Avoue, jeune programmeur, que tu n'as plus tant le goût d'aller travailler à coder les dernières features de potions de World of Warcraft hein ? Tu as le goût de travailler su YouTube à modérer les vidéos pornos qui s'y retrouvent... Je comprends.

mercredi 23 mars 2011

Déménagement du terroir


Je vous dis, jeunes gens, ma vie californienne commence décidément à s'organiser. Ça faisait près de deux semaines que j'étais campingsexuelle à temps plein, c'est-à-dire à dormir sur un matelas gonflable, en sleeping bag, à porter les mêmes 5 paires de bobettes, et de commencer à me douter que mes collègues de travail me surnommaient la "pauvre canadienne" dans mon dos. Non mais c'est vrai, je portais toujours les mêmes 4 chandails, et je commençais à me sentir mal de rire de mon collège qui portait un polo blanc rentré dans des pantalons beiges, avec des bas blancs et des souliers Asics, et pour pimenter subtilement le tout, un chandail hippie sous le polo blanc :
Pas pire kinky, hein ! On sait pas trop si c'est vintage ou alors que ses autres gilets étaient sales. On sait pas non plus où il regarde avec son crossed-eye mais ça c'est pas vraiment corrigible avec une visite su Sears. Décidément un homme mystérieux. Mais maintenant, c'est fini ce temps-là. Non mais c'est vrai, je suis venue ici pour avoir une BMW usagée et plugger les mots "caviar" et "je peux facilement me permettre un abonnement chez Costco" dans des conversations. Puis je dois commencer quelque part hein. 

Donc hier après-midi ça l'a sonné à la porte, et j'ai eu une émotion. Gary, beauceron aventurier, avait fait tout le voyage du Québec jusqu'à su la vallée du silicone avec mes biens les plus chers (ma cire à épiler, mon matelas, ma ps3, des livres de Marie Laberge). Oui, je dois avouer un petit mal du pays pendant que Gary, suant abondamment après avoir transporté mon matelas et mon bac rempli de sous-vêtements tel le super homme-déménageur-manches-de-t-shirt-humeur-design-coupées-aux-ciseaux qu'il est, me disait qu'il restait plus "eur-djien" (rien en beauceron) dans le pick-up pis que j'avais juste à signer ici, juste à côté de l'endroit où sa sudation avait brouillé la date d'aujourd'hui.

Demain soir je vais souper su Google pis je vais y aller avec un chandail propre et une brassière presque propre aussi, regardez-moi bien aller. Puis quand je vais me sentir dépressive, regardez-moi bien lire Adélaïde pour la 13e fois.

lundi 21 mars 2011

Nouvelle Balance et Mode Moderne

Art vestimentaire quotidien su la station de train

Je suis vraiment contente, parce qu'il y avait un beau spécimen illustrant mes propos à la station de train aujourd'hui.

Souliers New Balance avec excès de blanc, conséquence possible de l'un ou plusieurs des facteurs suivants: 
  • a gardé l'illusion de pouvoir courir vite si se fait poursuivre par une bande de méchants jocks portant des vestes de jeans sans manche (cauchemar récurrent);
  • a les pieds plats ou anormalement larges ou anormalement étroits ou en canard;
  • trouve ça beau le orange, le noir et le blanc, parce que sa mère lui a dit que ça allait bien avec sa chevelure et son teint.
Jeans noirs avec une sangle sur le côté (j'ai jamais vraiment su à quoi servait la sangle, pis en 1995 on se posait pas cette question-là)

Non-affiché: Manteau en suède beige, sûrement parce que le suède c'est doux au toucher.

MacBook Air: parce que même si on a ri de lui toute sa jeunesse pour son intelligence et son syndrome d'Asperger, le geek moderne gagne plusse d'argent que la plupart d'entre nous, pauvres mortels. 

dimanche 20 mars 2011

Vivre dedans d'une société hippie


Se lever le matin en Californie, je sais que vous en avez votre image mentale. Vous pensez que je me fais réveiller par le bruit des vagues ou encore par les bruits de roues de bigwheel de jeunes gens musclés à la plage.

Non.

La Californie c'est aussi le pays des foodies et des hippies. À côté de chez moi j'ai la chance d'avoir un beau ruisseau avec des canards. Et aussi des voisins qui élèvent leurs propres poules. C'est beau hein ! C'est un peu moins beau le samedi matin quand le canard se met à interagir avec les poules et que ça ne fait plus des beaux sons de la nature, parce que la madame agée asiatique sort de chez eux en criant avec son balai et insulte soit la poule ou le canard. Elle parle trop vite, et ya des subtilités du mandarin que je n'arrive pas à saisir. Vous me direz, mais AAB, à force d'interagir avec des aînés asiatiques, ça ne devrait plus être un problème ! En effet.

C'est pas tout, la mentalité hippie se produit aussi dans le local de la laverie. Vu que ça coûte 4$ faire une brassée de lavage (hey, tout est cher ici, ma chambre me coûte 1200$ par mois pour un cube en tapis et se faire épiler les jambes coûte 90$), ya un jeune garçon potelé roux à l'hygiène douteuse qui m'a demandé s'il pouvait joindre sa brassée à la mienne (kinky).

Non.

vendredi 18 mars 2011

Anomalies quotidiennes #2

Annexe A: Une traverse de cons, ma photo.

Aujourd'hui, pour célébrer le fait que mes menstruations soient commanditées, je vais vous entretenir des choses sécuritaires de la Vallée du Silicone. Ceci (voir annexe A) est une traverse pour piétons. Comme vous le voyez, sous la grosse pancarte jaune qui est déjà assez évidente, il y a des instructions pour savoir comment traverser la rue. Vous êtes supposés prendre les DEUX drapeaux flash dans vos mains, et les agiter comme si vous vouliez signaler votre présence aux secours du Titanic. Et pour vous, jeunes garçons geeks qui avez trouvé ce blog parce que vous vouliez toucher Mark Zuckerberg (on a ça en commun), pour faire une analogie, mettons que ces drapeaux dans la vie sont l'équivalent du sort Cri Primal du Shaman niveau 8.

Mettons que par le temps que tu sortes ton PhD, que tu lises les instructions et les pictogrammes, fasses le mouvement imbécile (rappelle-toi ton cours d'éducation physique avant d'y avoir été exempté à cause de l'incident du ballon chasseur, jeune garçon) ben ça va être le temps du dodo.

Et pour mes lecteurs geeks, selon la loi, MÊME si vous avez des souliers New Balance qui réfléchissent la lumière ("ma mère m'a dit en 1994 que c'était le meilleur moyen d'allier prudence, problèmes orthopédiques et bon goût") il faut également que vous agitiez les drapeaux. 

Malgré que c'est sûrement le meilleur moyen pour vous d'entrer en collision avec The Zuck. Moi j'essaie encore les bars de Palo Alto.

mercredi 16 mars 2011

Question morale


Bon, mettons que tu travailles dans une compagnie qui te fournit tout gratuitement, genre la bouffe, la passe de train, la passe pour les parcs d'amusement, un portable, etc. et bien, une surprise n'attend pas l'autre. Et un dilemme moral n'attend pas l'autre non plus. 

Aujourd'hui, j'étais en train de m'aider à digérer mon poulet au cari gratuit avec du riz, des patates, des petits pois et un succulent gâteau au fromage en mangeant quelques réglisses, quand, soudain, la nature m'appela. Bon, pour les jeunes garçons qui se seraient retrouvé ici en tapant "geek sexy californienne world of warcraft" su google, je vais parler d'une phénomène de la nature qui arrive une fois par mois chez la femme moderne. On ne parle pas ici du renouvellement de l'abonnement internet mais bien des MENSTRUATIONS. Plus tard, quand vous allez perdre votre fleur, et vous pratiquer à faire des bébés, vous allez parfois être confrontés à cette réalité. En tout cas ce sont des choses auxquelles je suis confrontée avec ma moitié, ya des moyens pour éviter ça et tout, mais ça sera pour un autre billet.

Donc, oui, jeune garçon, j'allais à la salle de bain en ayant préalablement mis un tampon dans ma poche. Quand tout à coup, j'aperçois quelque chose qui me fait froncer des sourcils. Une boîte de tampon directement sortie du Costco. Genre, gigantesque. Et le type de boîte buffet là, celle qui répond à tes besoins peu importe ton flux. 

Ma question morale, c'est fait pour quoi cette histoire-là ? Pour les urgences ? Ou alors c'est un all-you-can-flux ? Est-ce que c'est comme les carrés au Rice Krispies, genre j'en prends 4-5 pour la ride de train en revenant ? Est-ce que ma compagnie couvrirait même mes états de femme ?

mardi 15 mars 2011

Je suis une naturelle


Non mais c'est vrai, donnez-moi 24 heures avec les moyens de locomotion du bord et je suis déjà une référence.  Donc j'étais à la station de train ce matin, puis je jouais au jeu d'oiseau qui glisse sur mon téléphone en attendant le train comme le reste de la populace moyenne siliconnienne.

(NDLR: Je sais que c'est un choc pour vous que je prenne le train. Vous vous attendiez que j'aie mon Hummer stretch privé conduit par Lil' Wayne. Mais bon, laissez-moi le temps d'avoir ma première paye, s'il vous plaît, et de revendre sur le marché noir les Oh Henry que j'ai "empruntées" du travail hier)(mmm Oh Henry)(Est-ce que quelqu'un ici se souvient d'Henry Rodriguez?)

Soudain (on emploie plus assez "soudain" dans nos conversations de nos jours, n'est-ce pas?), soudainement, tout à coup, j'entends les cris d'un jeune enfant asiatique en état de détresse. Entouré de deux autres flos et d'une grand-mère asiatique qui s'en va décidément vers moi, et qui me crisse une liasse de billets amaricains dans les mains.

-AAB (J'veux pas adopter tes flos, merde): "Euh, no thank you."
-Madame Ancestrale Asiatique: "SAN FRANCISCO, SAN FRANCISCO !!!!!!"
-AAB: Euh... San Francisco... other side !!
-M.A.A.: "NOOOO (Langage oriental incompréhensible)(bruits de flos qui braillent)(gesticulations) SAN FRANCISCO"
-AAB: "Ticket ?"
-M.A.A.: Yesss !!! (Pointe ses rejetons, yen a un qui morve, je détourne le regard, elle me donne un paquet d'argent, bon okay madame, du calme)

On va à la machine à billet ensemble sur un bruit de fond d'orphelinat d'enfants battus style "Le Jardin d'une Princesse" version gore, je lui programme ça, lui rends son cash et lui dis de foutre ça dans la machine. Pendant ce temps-là, tout le monde nous fixait à part bien sûr ceux qui se sont procuré un iPad 2. Tu quittes pas ça des yeux ce bijou-là, même quand un enfant exotique potelé crie à s'en fendre l'âme.

J'en profite pour crisser mon camp en me disant, bon, ça peut pas être si dure que ça mettre 13$ dans une machine, alors qu'un monsieur me demande où est la navette pour aller su Stanfeurd. Là-bas monsieur. Bon, lui non plus il vient pas d'icitte avec son anglais cassé et ses "ze", et ses demandes de me répéter genre 3 fois. À ce moment-là, madame monument revient me voir avec ses billets dans une boule chifonnée, je dis au monsieur dans un beau québécois "C'est LÂH, ta navette !"

La madame était en train de se battre avec la machine pour mettre tous ses billets en même temps. La machine n'avait visiblement pas aimé ça pis avait recraché son cash en un amas plus ou moins hygiénique. Yé.

La morale de l'histoire, c'est que j'ai l'air vraiment serviable (...).

Bon, je vous laisse, mon souper m'attend (un plat tupperware de bouffe volée du bureau et un sac ziploc rempli de fruit loops).

lundi 14 mars 2011

Bouffe luv



Dans la vie, j'ai plusieurs passions très complexes, et il faudrait du temps pour les énumérer. Mais puisque j'ai tout mon temps, les voici :
  • La nourriture salée
  • La nourriture sucrée
Travailler dans une compagnie de divertissement giga interactif su la vallée du silicone, c'est comme un peu trouver chaussure à son pied dans mon cas. Ils savent stimuler mon intellect et mon estomac. Après une longue marche (5 minutes à éviter des Bentley et des chars hybrides et des vélo-pas-de-gear de hipsteurz) et un long trajet de train (5 minutes à regarder des gens branchés caresser leur iPad 2, fraîchement acheté du Apple Store près de chez moi après des dizaines d'heures d'attente en pyjama, parce que c'est cool, je pense que je vais en parler sur twitter), j'arrive au travail, où ma journée se déroule comme suit :
  1. 9 a.m.: Déjeuner constitué de bagels, nutella, beurre de pinotte, café Starbuck's, Fruit Loops (avec 3g de fibre par portion), Vitamin Wateur aux fruits de la passion (parce que l'eau du robinet c'est pour la plèbe, désolée)
  2. 10.30 a.m.: Bon, me semble que j'ai un petit creux. Ah, ça tombe bien, ils viennent de remplir le chariot de collation: carrés aux Rice Krispies, Reese et réglisses dans une main; starbursts et raisins secs dans l'autre (faut quand même que je surveille ma ligne et ma régularité)
  3. 11.59 a.m.: TACOS DAY. Choix de tacos ou burritos au poulet ou à la viande hachée en format BUFFET s'il vous plaît, donc je choisis la quantité de fromage et aussi je peux trier les nachos pour avoir seulement les mauve. Ah ya aussi un bar à salade, mais je voulais pas gâcher mon tacos.
  4. 1.30 p.m.: C'est le bout platte, ils amènent les fruits. J'en profite pour travailler un peu.
  5. 3 p.m.: Mal de ventre qui commence pour cause d'absence de vésicule biliaire
  6. 4 p.m.: OH! YONT REMPLI LE BAR À JUJUBES!
  7. 6.30 p.m.: Dommage que je doive partir, le poulet parmigiana commençait à être servi... ça l'aurait été pas pire avec des gummy bears et un lait au chocolat.
Pour ceux qui se demandent comment je vais pouvoir survivre avec toute cette nourriture gratuite, je leur dirai "Je paye pas 9$ d'assurance docteur pour rien par semaine, jeune homme ! Retourne jouer à WoW."

dimanche 13 mars 2011

Anomalies quotidiennes

(pharmacie quelconque, ma photo)


Quand tu te promènes à la pharmacie pour juste aller acheter des produits ménagers américains, tu traverses les rangées : huile à moteur, serviettes sanitaires, jeune gosse de riche avec des souliers nautiques beiges qui magasine de la vaséline, bouteilles de vin, bouffe à chien... euh, quoi ? Je reviens, oui, une immense rangée de bouteilles de vin et de fort. À la pharmacie. 24h. C'est beau. Ya aussi un spécial achetez-en 2 obtenez-en un gratuit sur le Veuve-Clicquot. Par contre, ils semblaient être en rupture de stock de Sour Puss.

Le soir je suis allée à mon premier rassemblement social avec thématique. Saviez-vous que demain on est le 3/14 ? Sûrement que vous faites, pis quoi encore, est-ce que c'est l'anniversaire de Céline ? Non, c'est le Pi Day. Pi comme dans 3.1416. Oui, alors dans la vallée du silicone, ya supposément beaucoup de rassemblements sociaux du genre (vous voyez comme j'évite le mot party le plus possible, je veux pas vous créer de fausses attentes). Tout le monde amenait sa PIE au PI PARTY. Je vous laisse une fin de paragraphe pour vous remettre de tant de perpicacité.

C'était un party avec plein de gradués du MIT qui travaillent su Google ou autres compagnies du style. Beaucoup d'asiatiques, de gradués de su Stanfeurd, de iPhone et de photos. C'est juste que va falloir que je m'habitue à ce genre de crew. Moi comme pie j'avais amené un pâté chinois (shephard's pie) précuit acheté à l'épicerie, parce que j'avais comme pas le temps ni les skills de faire un tarte maison. Mon pâté chinois ne fut PAS un succès comparé au pâté de brie, tomates et épinards décoré à la main et au pâté au poulet avec une poule dessinée dessus, mais au moins, ya eu des restants, donc ça me fait ça de moins à m'acheter. Parce que vivre ici, c'est cher.

mercredi 9 mars 2011

Choses à ne pas faire aux douanes

Les douaniers des USA, de par leur être profond, aiment les termes "chasse aux terroristes", "moustaches", "casquettes avec des motifs de chasse". Les gens suspects possèdent, par définition, les caractéristiques suivantes (NDLR: source: la télévision et autres préjugés de mon cru):
  1. Un accent (peu importe lequel, c'est assez douteux les "étranges")
  2. Un vieux char qui fait un bruit bizarre (facile à faire exploser)
  3. Des motifs difficiles à expliquer
  4. Des gros sourcils en broussaille
  5. Une hygiène douteuse
Donc, dans mon cas, quand j'ai passé la matinée en vieux pyjama trouvé dans un tiroir de chez mes parents avec un motif d'animal de Noël quelconque, et qu'un bel inconnu de su FedEx vient cogner chez nous (NDLR : voir le film Blonde et Légale), et que je me garoche dans mon auto afin de conduire jusqu'aux douanes, je ne me sens pas uniquement comme partie intégrante de l'épisode de La Petite Vie: Vacances à Plattsburg. Non. Juste avec ça et mes gènes, je remplis déjà à la base les critères 1-2-4-5.

Puis quand, lorsqu'arrêtée aux dites douanes, je sors de mon char regarder en dessous parce qu'il fait un bruit bizarre (mon muffler a été rafistolé de manière douteuse dans un stationnement de Canadian Tire il y a 3 ans de cela après avoir traîné dans la rue pendant quelques kilomètres), et bien ça a l'air que ça passe comme quelqu'un qui aurait pu poser une bombe su le muffler ou bien transporter une famille d'immigrés du Sri Lanka en dessous de sa Corolla. 

Alors il a donc fallut que j'aille attendre dans la petite salle avec les criminels et les immigrants illégaux (heureusement, en ce beau mardi après-midi ensoleillé, on était pas beaucoup de hors-la-loi). Quand les madames avec les cheveux courts et les monsieurs avec des moustaches et les fesses rebondies ont fini leur heure de dîner, il a fallut que je réponde aux questions du douanier pour obtenir mon permis de travail.
  1. Qu'est-ce que des jeux vidéos
  2. Qu'est-ce que des jeux vidéos sur internet
  3. Qu'est-ce que veut dire M.Sc.
  4. Peux-tu répéter please.
Et non pas pour interrogatoire. Pour lui expliquer. Après il a bêtement dit qu'il ne voyait pas pourquoi je constituais de la main d'oeuvre spécialisée. Il est allé consulter son boss. Fais donc ça mon grand. Et hop, voilà le critère 3 qui s'envole. Pendant ce temps-là, le bébé immigrant illégal polonais braille, et braille, et le monsieur du Bélarus essaie tant bien que mal d'expliquer qu'il va juste à la chasse avec ses potes québécois qui veulent l'initier........ (rrright).

(Tranche de Vie Éducative) Pour les néophytes du domaine du visa TN, quand on applique pour le titre de computer systems analyst, faut jamais dire le mot programmation. Parce que la programmation simple, c'est reconnu que les jeunes garçons peuvent faire ça dans leur sous-sol à 14 ans entre deux séances de se faire botter le cul dans la cour d'école, et les États-Unis veulent du monde spécialisés. Faut dire des beaux mots, même si c'est de la programmation dans le fond. Comme la fille qui était là après moi elle avait un doctorat en biologie et allait faire des recherches sur les énergies nucléaires. OOooh, nucléaire, énergie, doctorat, on aime ça, approuvé !

Son boss était beau, n'avait pas de moustache, et a approuvé la demande. Bon, vous voyez, rien qu'un petit boobshake et qu'un peu de mascara ne peut pas régler. Mon char s'est avéré ne pas posséder de bombe cachée, de prostituées mineures et de sac de coke dans le coffre à gants. J'ai une petite page annexée à mon passeport neuf, qui a été atrophié par le douanier, qui tamponne TOUTES tes pages dans un espèce de mouvement de jalousie, du style, tu viens peut-être du Canada, mais tu nous APPARTIENS (pour une durée qui relève de notre discrétion, have a nice day, don't forget the firearms you might have let outside)

mardi 8 mars 2011

Le grand paquetage



Micheline est arrivée chez moi, l'air ultimement décidé. Elle a monté les escaliers, déposé son sac réutilisable Nos Compliments en forme de kiwi vert (NDLR: ben oui, vous savez de quel sac je parle) par terre, duquel elle a sorti un sac non-réutilisable de su Wal-Marte, duquel elle a sorti des souliers "d'intérieur" New Balance blanc vintage. Pas trop usés, d'où l'expression "souliers d'intérieur".

-Allô, c'est moi Micheline, ça fait vingt ans que je fais ça l'emballage. Sont où tes assiettes ?

Micheline était donc dans le style straight to the point, pas de préliminaires. Je cherchais à qui elle me faisait penser, quand elle a entrepris de prendre contrôle de mon appartement.

-Les assiettes, y doivent être icitte ?

Ah ! Je sais ! Rita Lafontaine. Elle ressemble tellement à Rita Lafontaine. Je pourrais pas exactement vous dire Rita Lafontaine dans quoi, parce que pour ma génération et moi, Rita Lafontaine c'est le genre de personnage important de la culture québécoise qu'on sait pas trop ce qu'elle a fait et qui fait juste toujours être là dans les émissions de matins avec des titres avec beaucoup de pluriel, des noms de fruits ou d'animaux. Et du théâtre d'été dans des bateaux.

Elle a paqueté toutes mes affaires dans des boîtes gigantesques (elle mesure genre 5 pieds mouillée) en m'expliquant comment elle n'avait jamais utilisé d'ordinateur de sa vie, contrairement à moi, qui était visiblement une "génie des ordinateûrs" parce que je m'en allais travailler en Californie pour une grosse compagnie de divertissement (la GCD), et comment les bibliothécaires de son autre job la faisaient suer parce qu'elle, quand elle veut que ça roule, faut que ça roule, que les syndicats et les matantes le veuillent ou non.

Pis ça roulait. Les boîtes représentant mes maigres possessions et mes souvenirs étaient étiquetées avec des termes tels que MB ("ça c'est pour masteur bedroum") pis BR ("...chambre de bain"), de sorte que je comprenais vraiment pourquoi ce bout de femme sympathique qui fait ça depuis vingt ans le fait encore. Au moment où elle me décommandait vivement d'habiter avec un coloc que je n'avais jamais rencontré à cause qu'on voit souvent des drames comme ça dans les vues, les déménageurs sont arrivés, des gars braves, forts, avec des longues barbiches de métal, et qui pissent à côté de la bol (oui, sinon ils n'auraient pas été braves et forts).

Je me suis dit qu'il leur fallait un peu de musique d'ambiance, alors j'ai mis California Gurls de Katy Perry en attendant que tout ça se termine. Ils ont pas passé de commentaires, mais pour moi ça rendait l'expérience beaucoup plus agréable.

Après quelques minutes, quelques oublis, et un moment qualifé de cocasse où Micheline essayait d'emballer ma grosse tivi plus large que Micheline était haute avec ses souliers qui faisaient des "iiii, i, iiiiiii" (NDLR: bruits de gymnase d'école primaire), tout était dans des boîtes avec du beau tape brun.

Ma vie s'en allait direction Vallée du Silicone, Californie. En tout cas mes biens matériels, là.